Témoignages et récits

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beatrice.France
00Sunday, November 27, 2005 10:04 AM
Le récit de Josephine

Le Vendredi Saint, puis le 8 avril, elle a découvert Joseph Ratzinger. Le 19, elle a accueilli Benoît XVI. Et le 24, elle a rencontré le Pape bien-aimé. Beaucoup de ceux qui regardaient la télévision en cette mémorable soirée d'un certain mardi d'Avril, ne pouvaient imaginer combien étaient nombreux, de par le monde, ceux qui comme eux vivaient cette "révolution d'amour".
Avec son style poétique et passionné, au fil d'une narration colorée et très évocatrice (j'ai parfaitement revécu ces épisodes), Josephine nous fait partager ses émotions, et ses sentiments très forts. J'ai aimé traduire ce très beau texte, avec lequel je me sens en parfaite syntonie.
J'ai dû faire quelques petites erreurs... et je compte sur votre indulgence.



Il s'appellera Benoît

Le froissement soyeux de la soutane sombre, à peine ondulée par le pas majestueux du cardinal, il marche sous les arcades inondées de lumière du cloître silencieux.
La calotte écarlate légèrement de travers, tranche sur la luxuriante blancheur des cheveux bien lissés.
De la pénombre du large visage, aux traits robustes et doucement sévères, émergent deux gouttes d'eau, vives et attentives.
Les doigts croisés appuyés contre la poitrine effleurent à peine le crucifix d'argent, laissant admirer le prestigieux anneau.
L'attitude élégante et droite ne dénonce l'âge que le long de la douce courbure des épaules.
La haute bande de tissu rouge lui ceint la taille, et, en retombant docilement le long de son flanc, ondule imperceptiblement ses franges au rythme de son pas.
Eminence ... -
D'une voix chaude et basse, que son ton de confidence rend encore plus persuasive, le fascinant cardinal (porporato) allemand répond avec une courtoisie pleine de cordialité.
Une douceur inattendue m'enveloppe et me réconforte en cette soirée de Vendredi Saint.
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Le martin de Pâques, un soleil voilé illumine la grande place.
Le Saint-Père, cette fois, ne célebrera pas, et ne pourra plus jamais le faire.
Enveloppé par la pâle lumière dorée, je reconnais le cardinal, assis sur le parvis aux côtés de ses confrères. La messe d'aujourd'hui a été décevante. Et déchirante, la bénédiction qui l'a conclue. Ses yeux perdus dans leurs rêves reflètent le gris des nuages

En ce triste jour de la plus triste des liturgies, voilà que sort de la Basilique l'interminable théorie des célébrants: deux longues ailes de capes rouges bizarrement gonflées par le vent, se disposent des deux côtés de l'autel, tounoyant comme des danseurs dans une magnifique chorégraphie.
En queue de cette longue procession, voici qu'apparaît le doyen des cardinaux. Je suis heureuse de pouvoir le revoir.
Il s'assied, immobile, les mains écartées appuyées sur les genoux. Le regard sévère, imperturbable et absorbé, presque hébété, mais vigilent et inquisiteur à la fois: les lèvres minces serrées, en une moue amère.
C'est en des moments comme celui-là que la beauté de son visage se fait sublime: tellement intense et irrésistible, subjugante et désarmante.

S'étant levé, il commence à déclamer son impeccable homélie: de l'aspérité suggestive de l'accent, combinée à la lenteur un peu gauche du ryhme émane une tendresse de ton inattendue et réconfortante.
De sa main droite soulevée, il souligne certains passages, tandis que le vent feuillette et refeuillette les pages de l'évangile posée sur la bière de cyprès dépouillée.
Comme s'il ds'agissait d'un scenario minutieusement composé.
De temps en temps, les iris transparents regardent droit, au delà de la foule interminable qui lui fait face.
Un tonnerre d'applaudissements et d'implorations passionnées l'interrompt régulièrement: ses cils délicats battent dans un silence respectueux.
Voilà qu'avec un doigt levé, il nous montre le ciel.
A plusieurs reprises, il chausse ses grandes lunettes, nous laissant voir ces yeux si beaux, qui semblent se dilater jusqu'à se confondre avec le ciel, tandis que dans un geste d'intense adoration, il soulève devant son visage et lève haut la sainte hostie.
Les manches de son habit noir dépassent sous son surplis blanc, et au poignet, sa montre, tandis qu'il murmure la suugestive et monocorde berceuse de son latin teinté de bavarois.
La touffe de cheveux ébouriffés sur le front, il lui revient enfin le privilège d'encenser le cercueil de son Grand Ami.
Le vent taquin ferme ce livre définitivement.

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Après les jours d'angoisse et de chagrin, les grandes cloches, restées immobililes et muettes depuis le dernier et inexorable coup, de délient à présent, se déployant puissamment dans toute leur solennité de bronze pour annoncer la Grande Joie!
Tandis que les minutes semblent interminables, une émotion intense m'assaille, me prenant tout le corps: les battements de mon coeur s'accélèrent jusqu'à la folie, j'ai l'impression que l'air me manque, et que mon coeur va me sortir par les oreilles, se brisant en une myriade de corpuscules irisés.
-Habemus Papam!-Le son rugueux et incisif de son beau prénom hérissé de consonnes se projette dans l'air: ... mon Dieu..., c'est lui, c'est lui!!
Je le voulais, je le savais, je le sentais!
Seigneur, je te remercie!
Une joie d'abord incrédule, perplexe, et soupçonneuse, se transforme en une joie immense, viscérale, exagérée, qui m'emporte, que je ne peux plus contenir, qui se libère, et me fait rendre grâce à Dieu avec ferveur pour ce qu'il nous a permis de recevoir.
Je l'ai suivi, je l'ai admiré, il m'a plu, je l'ai désiré...
J'ai prié de toutes mes forces afin que le choix se fixe sur lui, le candidat de mon coeur, c'est à lui que je voulais voir attribuer le prix!
Il s'appellera Benoît, un nom si beau, riche de promesses joyeuses! C'est le nom même que j'avais imaginé pour lui.
Encore quelques secondes, et j'ai devant les yeux la confirmation attendue: le voilà!!
Voilà que, enfin, apparaît l'élu, le préféré, qui se montre à la grandiose loge suspendue entre le ciel et la terre!
J'ai presque du mal à le reconnaître.
Il a un regard inhabituel, un sourire étrange. Il apparaît désorienté, mais prêt. Ses mains ne sont plus celles d'un cardinal, mais elles n'ont pas encore appris à être celles d'un Pape. Elles vont et viennent devant un visage différent, incertain, d'une expression que je ne connais pas.
Elles s'essaient à s'élever , les paumes vers le ciel, comme pour solliciter l'acclamation. Puis elles se retournent, paumes vers la terre, comme pour annuler le geste précédent, puis recommencer à nouveau la même séquence interrompue.
Les bras s'écartent, oecuméniques, puis se referment répétitivement, comme pour une étreinte.
Même la voix me semble différente, dans le discours très bref et très ému. Il a sur les épaules la même étole que ses prédecesseurs, dont il assume à la fois la douceur et la force. Maintenant, elle est sur ses épaules... Il a aussi le même fardeau. Maintenant, il se trouve à leur place!
Trois petits signes de croix s'impriment solennellement dans l'air: - In nomine Patris, et Filii et Spiritui Sancti.
En cette fin d'après-midi d'un jour d'Avril, le simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur s'est ainsi présenté au monde. Et il est devenu le premier Pontife du troisième millénaire.

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Sévère, malgré l'étreinte joyeuse de la foule, presque apeuré, mais déterminé, il s'avance lentement, hiératique comme une icône, enveloppé par la solennité des splendides ornements. Une musique archaïque l'accompagne.
Lentement, son visage fier et austère se transforme: l'expression boudeuse se délie finalement en un inattendu, très long, et enchanteur sourire.
Le bras droit levé, la paume droite ouverte et ferme dans le salut, peut-être surpris lui-même par sa tendresse, il montre ses longs doigts de pianiste, qui viennent tout juste de recevoir l'Anneau. Il semble heureux.
C'est la répétition d'une scène, où d'innombrables mains se tendent, l'implorent, l'effleurent, l'applaudissent.

Des images se superposent à d'autres images, des émotions se mêlent à d'autres émotions, la perception en devient presque tactile, tandis que l'eau diaphane de ses pupilles se condense en un vacillement bleu d'azur.
Un besoin instinctif et ambigu de contact physique profond , et en même temps délicat et sensuel, déconcertant et insistant me saisit, je voudrais l'accueillir complètement...
Je suis assaillie par le désir dévorant de l'embrasser, je voudrais lui parler. Je le vois encore de dos, la tiare précieuse oscillant à chaque inclinaison de son échine: majestueux et splendide, il concède encore quelques sourires aimables.
Et il s'esquive, tandis qu'il s'avance solennellement vers son merveilleux et terrible destin.
"A toi, Benoît, évêque de Rome, gloire, paix, et longue vie"
Du plus profond du coeur, merci Joseph!
Seigneur, je Te rend grâce


Trieste, mai 2005
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Très chères amies, voici le récit que vous attendiez. J'espère qu'il vous plaît, et que, d'une certaine façon, vous pourrez vous y identifier. Je le dédie du plus profond de mon coeur à celui qui me l'a inspiré.

Suor GABRIELLA.JOSEPHINE
Ordine Benedettino delle Suore delle Sante Coccole al Romano Pontefice

"OMNIA POSSENT IN EO QUI ME CONFORTAT"
"BENEDIKT ICH LIEBE DICH"


[Modificato da beatrice.France 27/11/2005 14.31]

beatrice.France
00Monday, November 28, 2005 8:15 PM
Re: Nostalgie...

Scritto da: beatrice.France 27/11/2005 10.04
Le récit de Josephine



Voilà à quoi le récit de Josephine nous fait repenser...



GABRIELLA.JOSEPHINE
00Thursday, December 1, 2005 6:35 PM
Re: Re: Nostalgie...

Scritto da: beatrice.France 28/11/2005 20.15

Voilà à quoi le récit de Josephine nous fait repenser...






STUPENDA TRADUZIONE.GRAZIE INFINITE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
JOSEPHINE
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beatrice.France
00Thursday, December 1, 2005 7:53 PM
Re: Re: Re: Nostalgie...

Scritto da: GABRIELLA.JOSEPHINE 01/12/2005 18.35



Grazie, Josephine, tu mi fai molto piacere!
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beatrice.France
00Friday, December 2, 2005 8:36 PM
La Fnac, complice de l'annonce de l'élection
Le témoignage d'une jeune suissesse, qui nous raconte sa réaction à l'élection de Benoît XVI (source: Christicity.com)


La FNAC, complice de l’annonce de l’élection de Benoît XVI...
Le 19 mai 2005 par ChristiCity

Véronique, 25 ans, lectrice de ChristiCity, nous fait partager de quelle façon insolite elle a vécu l’élection de Benoît XVI. Non contente d’avoir pu suivre l’évènement en direct à la télé, elle voit dans ce qu’elle a vécu le doigt de l’Esprit Saint... qui a pris soin d’elle en lui permettant de vivre ce beau moment de la vie de l’Eglise qu’est l’élection d’un pape.
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Mardi soir (hier soir), j’avais cours jusqu’à 17h30.

Je quitte mon école et me dirige vers la gare. 17h40. Il fait froid. Mon bus n’est qu’à 18h30... (vive la campagne !) Je décide d’entrer dans le nouveau centre commercial, en face de la gare, pour me réchauffer. Là, je m’installe sur un banc et je bouquine : Ste Faustine, ma sainte préférée, ma "sainte de l’année" 2002.

J’ai à peine commencé que je reçois un SMS de ma mère : "habemus Papam ! " Là, je me dis : "faut absolument trouver une télé ! "

Mais où trouver une télé en pleine ville de Fribourg ? La seule solution, c’est d’essayer la fnac : ils en vendent. Sur le tas, une sera peut-être sur le bon cannal !?!

Je me précipite dans le magasin et cherche le rayon TV. Tous les écrans sont branchés sur une seule et même chaîne : on voit partout le même clip stupide (avec le son !!!). Je m’approche quand même... lentement... devant moi, il y a trois personnes de dos qui fixent un écran. Elles sont si serrées je ne vois même pas la télé en question puisqu’elles sont juste devant. Une fois suffisamment près, je vois...

... suspense...

une Place si chère et reconnaissable entre toutes : la Place St-Pierre ! Et une foule immense, immense... qui attend son futur Pape dont le nom est encore inconnu.
L’attente est palpable... L’image est monotone : une foule multicolore. Au fond de l’écran, une bande rouge annonce en 6 langues différentes que le conclave a élu un pape. Super, mais lequel ???

Pour passer le temps, j’examine mes voisins : deux filles et un homme, vraissemblablement un vendeur, ou même plutôt le chef du rayon. Voyant qu’on s’intéresse à ce qui passe à la TV et non au magnifique écran plat qui sert de support et qui attend toujours un acheteur, le chef de rayon met le son à la TV. Quand même, il est trop fort, l’Esprit Saint !

Sur la place St-Pierre, la foule grossit. L’attente continue. J’observe les deux filles. Je les connais de vue. Du collège, je crois. Ou peut-être "de la messe" je ne sais où. C’est rigolo de se retrouver dans un magasin de télés pour assister à l’élection du Pape ! On sent la communion de prière qui unit les chrétiens : partout nous sommes chez nous puisque Dieu nous y accueille. Ici, évidemment, pas de Tabernacle ! Mais cet écran qui nous relie, en direct, avec les événements de la place St-Pierre...

Deux gars nous rejoignent et demandent si le nom du Saint-Père est connu. Le vendeur s’en va, revient... Il y a peu de clients et il a le temps. Pour une fois, je comprends l’utilité des chaînes comme ***, qui distillent l’actualité en permanence !

Faut dire que, depuis Pâques, j’ai certainement davantage regardé la télé que durant les trois ans précédants !!!

Soudain, les caméras cessent de montrer la foule pour se centrer sur la fameuse fenêtre qui va s’ouvrir dans quelques minutes - d’après le commentateur, qui essaie tant bien que mal (plutôt mal) de faire passer le temps en nous racontant 50 fois les mêmes choses. Le rideau blanc semble bouger... chacun retient son souffle...

Fausse alerte. L’attente continue. Une acheteuse qui comparait les prix des différents écrans plats s’approche avec son fils. Elle se met à regarder elle aussi. Nous sommes donc 8 personnes, plantées devant un écran, dans la FNAC de Fribourg !!!

Bon, je vous épargne la suite de l’attente. Passons tout de suite à l’instant tant attendu...

Mais avant, je voudrais relever encore le sentiment de joie et de communion qui émane de cette scène étrange. Le côté solennel de l’événement crée une complicité entre nous. C’est marrant comme certains événements un peu inhabituels suffisent à instaurer une communication (même non verbale) entre des individus qui ne se seraient jamais adressé un regard en temps normal. (Moi qui vient d’un tout petit village, je suis toujours étonnée par l’indifférence des gens qui se croisent sans se voir.)

Soudain, la fenêtre s’ouvre ! Chacun retient sa respiration... mais non, on ferme seulement les rideaux rouges ! Evidemment, 18h30 a passé et mon bus a quitté la gare sans moi ! Tant pis : la Providence m’a donné un écran (avec le son !!!) je ne vais pas partir avant la fin ! Même si le prochain bus n’est qu’à 21h30 !

C’est alors que la personne chargée de nous annoncer la bonne nouvelle apparaît. Et c’est les paroles que nous avons si souvent entendues ces dernières heures :

"Carissimi fratelli et sorelli, chers frères et soeurs, liebe Brüder und Schwester, annontio vobis gaudium magnum : habemus Papam !
Dominum Josephum"... (je ne connais évidemment pas les prénoms de tous les cardinaux, mais Joseph, je n’en voit qu’un ! Serait-ce possible que ...)

"Dominum Josephum Cardinalem Ratzinger ! " (plus de doute, c’est bien lui !)

Et aussitôt apparaît celui dont j’ai tant entendu parler mais que je n’ai encore jamais vraiment observé ! Soulagement : nous avons un Berger sûr pour nous guider vers le Christ ! Merci Seigneur !!!
La petite troupe se disperce... ne restent que les deux filles et moi. La tension est tombée... C’est le discours que tout le monde connaît, si touchant de simplicité et de douceur, et la bénédiction Urbi et Orbi. Que faire ? Faire le signe de croix au milieu du magasin ??? Le faire seulement dans son coeur ??? Après tout, Jésus voit l’intention et c’est ça qui compte ! Non ! Les gens penseront ce qu’ils voudront : je ferai le signe de Croix. En communion avec notre nouveau Saint-Père sur lequel on a déjà collé tant d’étiquettes. C’est à ce moment que je réalise l’ampleur de ce qui l’attend ! Ca doit être terrifiant !Il est 19h, un vendeur éteint les écrans les uns après les autres. Plus personne dans le centre commercial. Je file m’acheter de quoi souper...

Quand même, il est bon, le Seigneur ! (on savait déjà, mais c’est pas une raison pour ne plus le dire.) Il a permis que le froid m’amène justement dans ce centre où une télé m’attendait, sur la chaîne désirée ! Il s’est arrangé pour que le vendeur vienne y ajouter le son !

Il a permi que 5 jeunes croyants se retrouvent ainsi autour du même écran, créant au milieu du magasin une petite communauté chrétienne en prière !

Et surtout, Il nous a donné un Berger ! Nous ne sommes plus orphelins !
Merci mon Dieu !

Véronique Pythoud, Fribourg, Suisse.

[Modificato da beatrice.France 02/12/2005 20.39]

beatrice.France
00Saturday, December 3, 2005 9:23 AM
Le récit de Josephine de l'audience du 9 novembre
Voici la traduction du récit fait par Josephine de l'audience du 9 novembre (déjà paru sur le Ratzinger Fans Club). Elle témoigne de son expérience à sa manière trés personnelle, la chaleur méridionale que j'adore y est tempérée par sa réserve naturelle. Sa description des yeux de Benoît est très belle, je vous laisse juges: moi, j'ai l'impression que si ces yeux sont une sorte de porte vers le Ciel, c'est Dieu lui-même qui l'a voulu (commentaire personnel!)


Très chères amies,
je suis convaincue que, lorsque le Père Eternel a créé cet homme, il a décidé de faire ses yeux avec deux morceaux de ciel!!! A dessein, afin que nous soyions ensorcelés en les regardant, et que, précisément à cet instant, nous tournions nos pensées vers lui et vers ce même ciel.

Difficile de rendre avec des mots un tel enchantement!!! Surtout lorsqu'on est encore perdus dans ses rêves, sous le coup des émotions récentes, et qu'on a le visage encore chaud du soleil de Rome.

Ayant laissé derrière moi les ultimes ombres de la belle ville de Trieste, et les suggestives lumières nocturnes qui se reflètent dans son golfe, j'ai traversé cinq régions et une nuit entière. L'humidité dense et saumâtre de la lagune vénitienne vers minuit. J'ai aimé voir descendre la nuit et surgir l'aube à travers les vitres: Padoue, Rovigo, Ferrare, Bologne. M'arrêter dans la silencieuse Florence, et dans Arezzo endormie, cueillant les diverses inflexions dialectales des rares voyageurs ensommeillés. La brume rosée qui s'évanouit sur la campgne du Latium, avec le premier battement de coeur.
Plus motivée pour jouir du paysage insolite que par le besoin de dormir. Me demandant sans arrêt pour qui je faisais ce voyage, et me répondant à moi-même: -Pour lui! Expressément pour LE rencontrer lui!

Quelle singulière expérience que de goûter une tranche de pizza odorante appuyée sur les colonnes du Bernin, avec les yeux et le coeur irrémédiablement tournés vers ces trois fenêtres du Palais Apostolique.!

Dans la petite chambre dépouillée, une vingtaine de portraits ont été éparpillés par ma compagne de voyage. Ce sont nos "foto della buonanotte",. Elles nous réconfortent et nous tiennent compagnie. Je pense: -Que c'est beau! Ce soir, je dors avec le Pape, et demain, je le rencontrerai!!!

Les petites bannières à losanges blancs et bleus sont agitées en signe de fête derrière nous par de joyeux bavarois en costume local, tandis qu'une petite fanfare de leurs compatriotes, alignés sur le parvis, entonne des airs folkloriques au rythme de nos battements de mains.
- Joseph, besucht!- lui dit avec humour une dame, tout en l'attendant. -Viens nous rendre visite!

Nous ne pouvons pas nous plaindre: la journée est très belle, et nous avons réussi à trouver une place dans la 1ère rangée, comme nous le souhaitions.
Nous sommes là depuis plus de deux heures, mais l'attente ne nous pèse pas; tout ce que nous espérons, c'est que la voiture papale passe par ici.
Tandis que nous attendons, je cherche à me concentrer, pour me préparer à l'accueillir. J'observe à plusieurs reprises l'imposante basilique, je regarde la coupole, les cloches, la loggia. Ce même pavé où nous avons vu se dérouler les dernières célébrations historiques. A présent, tout cela est devant mes yeux. Je pense que, éloignés ou proches, nous étions présents avec notre âme.
A présent, nous sommes trés près du début de la cathéchèse, et des photographes, avec leurs longs téléobjectifs, distribuent les billets (NDT: ?)Nous nous embrassons de contentement: à présent, nous sommes sûres que la voitures passera devant nous.!!!

Ponctuelle, à 10h30, la voiture arrive. Depuis l'arche des cloches nous parviennent les premiers cris de fête: la petite silhouette toute blanche commence à parcourir les bords de la place, tournant alternativement la tête, et mouvant les bras avec élégance. Lorqu'il apparaît, j'ai un frisson de tendresse. J'éprouve presque un sentiment de libération.
Là, tout près, une figure très belle est devant nous, et nous regarde!
Sa main droite se soulève avec courtoisie pour nous bénir. Pas assez proche cependant pour pouvoir l'effleurer, même en se penchant au-dessus des barrières, même en se mettant sur la pointe des pieds, ou en montant sur la chaise. Nous ne pouvons pas lui faire une caresse, mais lui peut nous entendre.

-Viva il Papa!!!- crie de toutes ses forces, en gesticulant, la fille menue qui est à côté de moi. Le cri l'atteint, et peut-être aussi un peu, le surprend: imméditement, ses yeux s'écarquillent, les pupilles se dilatent, et en un instant, les iris très bleus s'allument, s'illuminent, se colorant d'un intense et enchanteur bleu Danube.Ils trahissent une émotion retenue, une grâce reçue presque avec pudeur.

Moi, je le regarde, muette et immobile, charmée et comme suspendue; -Los ojos azules más hermosos y fascinantes del mundo!!! - ce sera mon commentaire plus tard, exprimant avec passion le fond de ma pensée. Vraiment quel spectacle!!!

La tension oppressante qui, jusqu'aux dernières heures me serrait l'estomac a désormais disparu, se transformant en une joyeuse sérénité.
Finelement ici avec lui, près de lui, je me sens à mon aise. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours, ce doux frère, comme si j'avais à son égard un lien d'intimité. Autour de moi, en outre, je perçois un climat de joyeuse familiarité.
Et voilà que s'est réalisée la rencontre que j'avais tant désirée!!!

Il a commencé la cathéchèse: sa voix vive résonne limpide et calme dans la place silencieuse. Je l'écoute avec attention parler en allemand.
Le Pater Noster est tellement plus beau, chanté avec lui.
Debout, nous recevons enfin sa bénédiction apostolique.
A présent, le véhicule qui le transporte redescend lentement, s'éloignant vers la droite. Nous l'apercevons encore de dos, s'arrêtant devant un enchevêtrement de mains tendues.
"Sei bellissimo! Ti voglio bene! (tu es si beau! je t'aime!) ajoute avec passion ma voisine, lançant dans sa direction un tas de petits baisers.
Moi aussi, timidement, je lui en envoie un de la pointe des doigts, puis je lève, embarassée, les deux bras en signe de salut affectueux.
Dans cette belle mattinée de soleil, notre tendre et doux père à tous, disparaît dans la foule.

JOSEPHINE

Trieste, 11.11.2005


Suor GABRIELLA.JOSEPHINE
Ordine Benedettino delle Suore delle Sante Coccole al Romano Pontefice

"OMNIA POSSENT IN EO QUI ME CONFORTAT"
"BENEDIKT ICH LIEBE DICH"



NB: Les enrichissements typographiques (texte en gras, et soulignés) sont de moi.

[Modificato da beatrice.France 03/12/2005 9.36]

beatrice.France
00Saturday, December 3, 2005 9:34 AM
Et le récit de Gloria (Paparatzifan)
Et voici la traduction du récit de Paparatzifan. Je ne suis pas sûre d'être parvenue à rendre son style très vivant et coloré, plein d'humour, aussi. En plus, elle nous donne de précieux renseignements pratiques.


Deux soeurs de l'ordre des "Sante Coccole " (intraduisible... coccolare signifie "cajoler") de Benoît XVI à l'audience générale du 9 Novembre.

Mardi

Soeur Joséphine et Soeur Paparatzifan arrivent à Romme le jour précédent, après un long voyage nocturne. Grâce à Dieu, le train est à l'heure.
Elles arrivent à Rome avec un grand rêve: voir de près le très beau (il Bello-Bellissimo), le beau bavarois que nous avons pour Pape, et ainsi pouvoir admirer en chair et en os ce chef-d'oeuvre de Dieu le Père créateur.

Nous sommes arrivées à "Roma Tiburtino" et de là, nous devons nous rendre à "Roma Termini" (gare centrale), où nous avons notre logement. Devant la porte close de l'hotel, une pacarte où il est écrit "Je reviens de suite". Et maintenant, je vous traduis le sens de ces quatre mots; cela veut dire "Attendez une heure et demi, je suis allée amener les enfants à l'école!". Comme vous le voyez, parfois, les mots changent de sens. Disons que nous avons perdu une partie de la mattinée pleine de soleil, et déjà chaude. Il était 10h45 quand nous avons pris le métro pour aller à Saint-Pierre afin de prendre les billets pour nous rendre à l'audience. La pensée de Benoît ne nous abandonne pas, la rarzingerite fait rage, et ainsi, après deux stations, je m'aperçois que nous nous sommes trompées de ligne. Restons calmes!

Déjà, à proximité de Saint-Pierre, via Porta Angelica, nous nous sommes dit qu'il ne fallait pas laisser errer nos regards vers les boutiques d'articles religieux tant que nous n'avions pas obtenu les billets( je n'étais pas sûre de l'heure à laquelle on pouvait se les procurer). Et pourtant, tandis que nous nous dirigions vers le Palais apostolique, les images de Ratzi dans les vitrines nous attiraient...
Arrivées à la Place voici le cauchemar des files pour se soumettre aux contrôles de sécurité. Au Palais Apostolique, seulement une personne à la fois peut entrer, j'ai donc gravi les marches, et le garde suisse, à ma requête de billets, me les donne lui-même. Il n'est plus nécessaire de monter les escaliers pour les prendre au Bureau de la Maison Pontificale, ou même de se les procurer la veille de l'Audience. A présent, c'est un garde suisse qui les délivre, et on peut faire cela le jour-même de l'audience, à partir de 8h, et jusqu'au début de l'évènement.
Avec le garde, nous bavardons un peu sur Venise. Il a été très gentil, c'est la première fois qu'il m'arrive de rencontrer un garde si sympathique.

Les billets, je les ai montrés à Joséphine, et nous nous sommes embrassées!!! Tout de suite après, nous avons visité la Basilique, et prié devant la tombe de Jean-Paul 1er (Papa Luciani) (soeur Joséphine en est aussi une fan!). Après avoir mangé deux belles tranches de pizza Place Saint-Pierre, et musardé au soleil,( c'était vraiment une journée pour aller à la plage, les filles!!), nous avons commencé le "massacre" dans les boutiques. Une explosion de ratzingerite!!!!
Parmi les choses que j'ai achetées, un livre en espagnol avec des photos en noir et blanc, et parmi elles... une de Ratzi, en 1972, en chemise!!! Beau de façon hallucinante!!!!!Mais... prenez patience car bientôt je vais scanner un paquet de photos!

Nous sommes ensuite allées à la boutique des Photos de la Presse Catholique. Je voulais acheter la photo de B16 buvant de l'eau durant l'audience du 4 Mai, mais ils vendent les photos seulement aux journalistes. Ils en vendent quelques-unes aux particuliers, mais ce sont celles que l'on voit sur Internet.

La fatigue ne nous a pas permis de finir la soirée dans un pub irlandais que j'avais repéré sur Internet. Nous nous sommes seulement concédé un bon petit repas dans une auberge typiquement romaine, dont je suis une cliente fidèle à chaque fois que je me rends à Rome. Puis-je faire de la pub: Trattoria da Luciano, Via Amendola, à 2 pas de la Stazione Termini. On mange comme au Paradis pour 2 sous. En général, on doit attendre un peu dehors, parce que c'est toujors plein. Mais cela en vaut la peine!!!

Mercredi

Place Saint-Pierre, 7h40. Le ciel est limpidde. C'est incroyable, il commence à faire chaud! Joséphine et moi nous hâtons Via di Porta Angelica pour rejoindre l'entrée à droite de la Place. Nous trouvons une petite foule. Pas de quoi s'inquiéter. Ils disent qu'ils ouvriront vers 8h. Près de nous, il y a un groupe de prêtres américains qui parlent sans se fatiguer. L'un d'eux plaisante en regardant la fenêtre de l'Angelus: "Eh! Benny! Viens à la fenêtre et bénis-nous!". nous aussi, pendant ces 2 heures d'attente, nous levons souvent les yeux vers cette fenêtre bénie, et nous pensons à lui....
Il est presque 8h30 quand on ouvre l'entrée. "Allez, on court!", dis-je à Joséphine. Les gens se mettent à courrir, mais pas trop.! Je remercie Dieu qui m'a donné ces jambes agiles pour courir comme une folle.!!! Je crie à Joséphine "Cours, cours!!". Personne ne nous arrête. Personne ne regarde si nous avons les billets ou pas. Et me voici au 1er rang, du côté droit. C'est bien ainsi! Nous sommes très contentes, mais nous devons attendre encore 2 heures. Le soleil commence à taper. Ma joue gauche est en feu. Pour me protéger la tête, j'ai mis le chapeau jaune de l'Association Benoît XVI.
Le temps passe, entre bavardages et coup d'oeil vers la foule qui commence à remplir la place. Il y a un groupe bavarois, derrière qui agite des banderoles. Les femmes sont revêtues de l'habit typique, avec de drôle de chapeaux en forme de poisson. Il y a même l'orchestre qui se trouve entre le secteur VIP et notre rangée. Par moments, il joue. A côté, un groupe d'africains, en costume folklorique, qui,de temps en temps chante et danse. A son tour, un autre orcheste typique calabrais se fait entendre...
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Vers 10h arrivent les évêques qui prennent place auprès du trône papal. Bien équipés, ils commencent à prendre des photos. Arrive ensuite le cardinal viennois Schonborn. Souriant, il s'assied. Juste à ce moment, le vent fait voler sa cape, lui recouvrant la tête. Josefina et moi jouissons du spectacle, que le vent fera aussi avec le Pape. Le cardinal sourit toujours. Il se tourne souvent pour regarder les fanfares qui jouent. Hier après-midi, nous l'avons vu qui allait se confesser à Saint-Pierre.

La chaleur. De temps en temps, une gorgée d'eau, que je proposais aussi à Josefina, mais elle n'en voulait pas. Je lui proposais aussi des biscuits,. Rien! "Je n'ai ni chaud, ni soif, ni faim, je ne suis pas fatiguée". Certainement, son esprit était exclusivement concentré sur lui.

Il est 10h30. On entend les premiers cris. La papamobile, provenant de l'arc des cloches (?) se dirige vers le couloir où sont les premières rangées. Quand le Pape arrive au milieu de celle de gauche, j'entends crier à côté de moi. "Viva il Papa!". Moi, je réponds par un "Viva il Papa!" encore plus sonore. Lui s'approche de moi, et à quelques mètres, je crie encore "Viva il Papa!". La seule chose que je parviens à crier.
Quand il arrive devant moi, j'allonge mon bras droit, comme si j'allais le rejoindre... Juste à cet instant, le très Beau (Bello-Bellissimo), resplendissant, me regarde doucement, lève les sourcils, à sa manière bien particulière qui traduit la surprise, il ouvre grands les yeux, et c'est ainsi que je je vois s'illuminer ses yeux magnifiques. Oui, vous avez bien lu. SES YEUX SE SONT ILLUMINES, mes amies!!! Bleu turquoise, comme illuminés par derrière!!! (josephine les a vus aussi!). Je vous dis que, quand je l'ai vu LUI, avec ses yeux aisi, je ne me souviens plus d'avoir vu le personnel de sécurité, ni "Ciorcio", ni les gens qui m'entouraient, et je n'ai pas non plus entendu les cris, etc.
J'ai tout oublié!!! Dans cette Place, il m'a semblé que nous étions seuls lui et moi. ... Que de beauté mes yeux pouvaient contempler.!!!
Auparavant, j'avais prié le Seigneur pour que, d'une façon ou d'une autre, il transmette au Trés Beau tout l'amour que je ressentais pour lui, et le lui fasse sentir. Peut-être ce regard illuminé était-il la confirmation du message d'amour reçu.
Déjà de dos, je lui ai envoyé un baiser. ...
"Tu as réussi à attirer son attention", m'a dit Josefina après. Et comment! En criant ce "Viva il Papa" juste devant lui!!! Montée sur la chaise, je l'ai vu faire le tour de la Place. Puis pour finir, il a emprunté l'allée centrale, et tandis qu'il gravissait la pente vers le trône, j'ai pu admirer, grâce à mon camescope, les splendides cheveux soyeux, encore épargnés par notre ennemi le coiffeur.!

Quand nous voyons l'audience générale retransmise par CTV, la camera nous montre seulement les éclésiastiques qui présentent les divers groupes. Je me demandais s'il pouvaient nous montrer ce que faisait le Pape tandis qu'ils lisaient les présentations habituelles. A présent, j'ai vu ce que fait le Pape: outre saluer, il nous laisse lire les expressions de son visage. Pour être précis, les "faccine-facciose" (italianisme intraduisible et affectueux pour caractériser son visage) qu'il fait! (j'ai pensé à toi, Ratzigirl, comme cela te plairait de les voir!!!)

Pourtant, les gens, à côté de moi, n'étaient pas, comment dire, très exubérants. Même Josephine: vraiment bloquée, dans la manifestation de ses sentiments et de ses émotions... Moi, au contraire, j'étais déchaînée. Je poussai un hurlement de stade quand il dit “Saludo a los peregrinos de lengua española!”, et j'attirai de nouveau son attention. Heureusement que les espagnols m'ont suivie, avec leurs cris!

Au moment de la bénédiction, je brandis le crucifix que j'avais acheté le jour auparavant.

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De temps en temps, je reprenais mon camescope, et savez-vous que j'ai réussi à pincer Benoît alors qu'il buvait son désormais célèbre verre d'eau, après avoir fini de saluer la longue file des évêques! Puis il s'est assis, et alors a commencé le défilé des malades en fauteuil roulant, pour la bénédiction. Ensuite, il s'est levé, et, à pied, il est allé serrer les mains dans le secteur VIP côté gauche. Ceci terminé, il est monté dans la papamobile pour aller saluer les VIP du côté droit. (ce parcours, tel quel, m'avait été décrit par don Giorgio Lise, du Centre Papa Luciani).

En bas de la pente, la papamobile s'est arrêté pour un ultime salut à tous,. Tandis que B16 regardait un peu partout, j'ai commencé à lui envoyer des baisers. Quand je me suis rendue compte qu'il regardait vers moi, j'ai accéléré les baisers comme une salve, et j'ai pensé à vous, les amies!!! Le baiser de chacune de vous est arrivé jusqu'à lui!!!!
Puis la papamobile a fait demi-tour, et je lui ai crié par deux fois "Je t'aime" (Ti voglio bene). Avant de quitter la Place, il a salué encore la 1ère rangée côté gauche.
Pour la prochaine fois, il faudra tenir compte de ceci: B16 passe 2 fois pour saluer les gens de la 1ère rangée côté gauche.
Un seul regret: le vent était absent durant la présence du Pape: pas de jeux avec sa cape, pas de cheveux décoiffés!!!! Uffffff!!!!!!

Josephine et moi devions nous séparer (son train pour le retour partait beaucoup plus tôt que le mien). Tandis que je me dirigeais vers le métro, je suis allée manger dans un restaurant chinois près du Vatican. Toujous avec cette idée fixe de la rencontre avec le Beau (il Bello) et encore sous le choc de la vision inattendue de ses 2 yeux illuminés.

A présent, la chasse aux photos de l'audience. D'abord à l'Osservatore Romano. Déception! Seulement une photo avec mon bras levé qui me couvrait le visage; de Josephine, on voyait le tiers de la figure, et du Pape, un tiers du visage et du corps. [...] (NDT: je ne suis pas sûre de la traduction de la phrase suivante, je la saute donc). A présent, voyons "Foto Felici". Il me revient que Gianluca (NDT: ce doit être l'animateur du Club Papa Benedetto, et l'auteur du blog: ) m'a dit que 8 photos coûtaient 100 euros.! Bien, de toutes façons, je suis allée voir. Je dois dire qu'ils sont bien mieux équipés que l'OR.! On peut voir les photos directement sur PC. Je suis restée là plus d'une heure. J'ai finalement trouvé 5 photos, y compris une où je lui envoie un baiser alors que lui est de dos! Ces photos, je devrais les avoir mercredi. Chaque photo 20x30 coûte 4 euros. Celles dont parlait Gianluca sont de format poster, alors chacune coûte 9 euros! Et puis, ils vendent aussi des photos que l'on peut acheter sur place. Tandis que j'attendais un PC pour voir et acheter un photo du Bello tout seul pendant l'audience, je gardais un oeil sur les photos que regardait sur ce PC un homme, peut-être un argentin. On y voyait le profil droit du Pape, avec sa belle touffe de cheveux (ciuffone), auprès des différents évêques. "Regardez ces images! " disait-il. L'employée lui rappela que ces photos n'étaient pas de l'audience du jour. Lui insistit: "Peu importe, regardez, regardez!" "Oui, ai-je dit, il est très beau, très beau!". L'employée souriait.

La journée fini, je rentrai chez moi. Difficile de penser à autre chose.: le regars papal m'accompagnera dans le train, et les jours suivants, au travail. Trop intense, ce que j'ai vécu. Trop fort....
Il te vient l'envie de répéter l'expérience. ... Et maintenant, pensons à la prochaine !!!

B16, JE T'AIME TRES FORT (ti voglio un mondo di bene), ET JE CROIS AVOIR REUSSI A TE TRANSMETTRE TOUT CE QUE JE RESSENS.! MERCI MON DIEU!!!!!

Papa Ratzi Superstar
Soeur Paparatzifan

beatrice.France
00Saturday, December 3, 2005 1:36 PM
L'audience de Paparaxvi
Encore un très émouvant témoignage, celui de Monica (Paparaxvi), qui nous raconte son expérience de l'audience du 30 novembre. Quelle ténacité pour arriver jusqu'à lui! Et quelle bonne et délicate idée, la rose!!
J'ai particulièrement aimé le dialogue muet de la fin, et le "merci" qu'IL prononce sans son: rien de ce qui est écrit là ne me surprend, et je suis sûre qu'il est très heureux d'être aimé, et que cela l'aide à accomplir son terrible devoir. Merci, donc, à notre consorella d'avoir été en quelque sorte notre porte-parole, et de nous le faire partager.



Moi et Simo arrivons à Rome le lundi 30 novembre vers 14 heures. Fatiguées, émues, nous prenons un bus qui nous amène jusqu'à la place Saint-Pierre, et, une fois descendues, nos yeux se remplissent d'émotion à la vue de l'imposante coupole.
En premier lieu, nous décidons de chercher notre hôtel. Au téléphone, on m'avait assurée qu'il était à proximité des murs du Vatican, mais nous n'imaginions pas à quel point le Vatican était énorme!!

Nous nous renseignons auprès d'une religieuse qui, gentiment, nous accompagne jusqu'à un arrêt en nous expliquant en détail quel bus emprunter pour rejoindre la via Aurelia. Une fois qu'elle s'est éloignée, étourdies de sommeil et de fatigue, nous demandons confirmation à un vieil homme qui attend à l'arrêt: non par méfiance, mais parce que nous étions vraiment à deux doigts de la catalepsie, à nous deux, nous formions à peine une personne entière, et le doute de ne pas nous être correctement expliquées allait en grandissant... Et heureusement pour nous! La soeur avait probablement compris que nous voulions nous rendre au cirque Aurélien (NDT: dans la ville antique), qui nous aurait beaucoup éloigné de notre but!!
Ce monsieur nous a indiqué un autre bus, nous assurant cette fois de ne pas nous tromper. En fait, nous avons attendu une quinzaine de minutes, puis la nervosité a pris le dessus, et nous avons décidé de poursuivre à pied par la via Aurelia, jusqu'au n° 218. Si seulement nous ne l'avions pas fait! Nous sommes arrivées à destination plus épuisées qu'avant, et en nage comme deux chameaux!!

Une fois dans la chambre, le miroir de la salle de bains confirme nos soupçons!! Nous sommes deux zombies! Le maquillage défait, des yeux à faire peur dans un visage d'une pâleur de marbre! Nous ne perdons pas courage: la Place Saint-Pierre nous attend, impossible, même en pensée, de perdre du temps à faire un petit somme. Nous prenons une douche, mangeons un sandwich, et en route vers la place!

Inutile de dire que le jour suivant aussi, nous l'avons passé à tourner en rond, seulement et uniquement à proximité du Vatican... C'était plus fort que nous, nous ne parvenions pas à nous en éloigner si peu que ce soit... et la surprise fut que Simo pensait la même chose que moi.
Mardi après-midi, je suis allée chez un fleuriste, décidée à acheter une rose blanche pour l'apporter au pape le lendemain. Quand l'employée a su pour qui elle était, elle m'a immédiatement adressée à une autre... "La secrétaire du Pape vient souvent nous commander des fleurs pour le Saint-Père, mais lui, au contraire de Jean-Paul II qui avait une prédilection pour les couleurs claires comme le blanc et le jaune, il préfère les couleurs vives". Ainsi, j'ai opté pour une belle rose d'un rouge sombre, qui a passé la nuit dans une petite bouteille d'eau à l'hôtel.

Mercredi matin, la sonnerie du réveil à 5 heures était décidément superflue pour moi: l'anxiété m'a empêchée de m'endormir!!! Nous sortons de l'hôtel sous une pluie torrentielle qui a abondamment arrosé la ville depuis le premier soir sans faiblir un seul instant. A deux sous le même parapluie, nous arrivons vers 6h40. Devant nous, seulement une dame qui, tout en attendant, le casque sur les oreilles, danse un peu au son de Dieu sait quelle musique. Elle me demande si nous sommes là pour l'audience, et quand je lui dis que nous tenterons de rejoindre la première rangée de gauche, elle m'en demande la raison. "Je sais que le Pape passe deux fois par là", lui dis-je, et elle: "Ah oui, Et qui vous l'a dit: le Pape?". Sur le moment agacée, je lui réponds séchement que cela m'a été rapporté par quelqu'un qui avait déjà assisté à une audience... jusqu'à ce que je m'aperçoive que j'avais affaire à quelqu'un de pas tout à fait "net"...

L'attente sous la pluie est une épreuve,... quand nous commençons à voir arriver des légions de gens, Simo et moi commençons à nous inquiéter: réussirons-nous à rejoindre notre destination, bouleversées et fatiguées comme nous sommes, sans compter que le pavé est innondé, et que nous avons des chaussures qui glissent???
Finalement, nous réussissons à atteindre la première rangée... mais celle de droite. Tant pis, nous nous en contentons: je suis déjà heureuse comme cela! Je prends garde à me placer juste dans l'angle, de manière à profiter de l'arrivée, et du passage du côté gauche! Et c'est bien ce qui s'est passé!!
Dix minutes avant l'arrivée de Ratzi, miraculeusement, la pluie cesse! Plus besoin de parapluie, et peu de temps après, voilà la foule qui se met à hurler.

Je tourne le regard vers la gauche... et voilà une apparition dont je me souviendrai jusqu'à la fin de mes jours. La papamobile s'avance, LUI est beau comme le soleil avec le manteau rouge sur les épaules et son sourire si doux qui illumine un visage frais comme une rose.
Quand il arrive près de moi, je lui crie "Ti voglio bene!!!"



Lui me regarde, hausse un sourcil, et, toujours souriant, me dit "Grazie!". Je n'ai pas pu l'entendre, mais le mouvement de ses lèvres était sans équivoque!

Je me tourne vers Simona, et, la voyant toute émue, ma joie atteint des sommets inexprimables. Elle prend des photos en rafale, nous suivons du regard le tour du pape qui, à plusieurs endroits, se perd dans la foule en fête, et voilà que la papamobile revient vers le parvis, et passe encore à côté de moi, à ma gauche.
Je tends la rose en équilibre instable sur la barrière de protection qui fait l'angle (j'ai essayé de lui tendre quand il est passé devant moi, mais l'un des gardes a crié "Après! après!"). Lui la regarde, puis lève le regard vers moi, et nos yeux se rencontrent encore une fois: au fond de moi, je suis sens dessus dessous, les émotions s'accumulent jusqu'à exploser en une joie PURE.
Nous accueillons sa bénédiction en faisant le signe de la croix avec des mains tremblantes, nous suivons chacun de ses mouvements, chacune de ses expressions durant tout ce temps, nous laissant plusieurs fois distraire par ce visage tendre, par ces yeux d'une intensité incroyable qui semblent m'avoir transpercé l'âme, et quand il remonte dans la papamobile, le coeur me danse jusque dans l'estomac.Il descend du parvis vers nous, la main levée pour saluer tout le monde. Et encore une fois ses yeux droit dans les miens. Je tui tends la rose, il la regarde seulement, l'auto s'enge vers la première rangée, et Georg (Ciorcio) se tourne vers un garde à côté de nous, la lui désignant. "La rose", lui dit-il. L'homme semble ne pas de comprendre, et il répète: "LA ROSA!!!", d'un ton assez impatient. L'homme me la prend aussitôt des mains, et lui apporte, nous remercions Georg qui la pose dans l'auto et nous sourit avec un signe de la main.
La papamobile passe tout près de la barrière de la première rangée de gauche, Ratzi touche les mains du plus grand nombre possible de gens, mais cela ne me fait plus autant d'effet: je me sens heureuse, pour moi, c'est déjà un miracle d'être là, et les regrets n'atteignent même pas les zones reculées (l'anticamera) de mon cerveau! Quand il prend dans ses bras un enfant pour l'embrasser, je crie de joie et je bats des mains avec tant de force que je me fais mal aux paumes: c'est une image superbe, son visage est rayonnant!
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Telle est mon expérience. Je me rends compte qu'elle peut paraître jetée un peu n'importe comment. Peut-être n'ai-je pas réussi à vous la faire partager complètement, je m'en rends compte, vous devez me pardonner: je suis encore plongée dans la confusion, l'émotion... mais je ne voulais pas vous faire attendre davantage. A présent,..., mon unique souhait est.... de retourner à Rome le plus vite possible, je ne parviens pas à penser à autre chose!



[Modificato da beatrice.France 03/12/2005 22.11]

Paparaxvi-
00Sunday, December 4, 2005 6:44 PM
Re: L'audience de Paparaxvi

Grazie infinite per la traduzione!!
beatrice.France
00Monday, December 5, 2005 8:08 AM
Si, il y a des journaux en France qui aiment Benoît!
Le quotidien catholique français Présent (hélas à diffusion plus que confidentielle) est à ma connaissance le seul journal français à avoir toujours soutenu Benoît XVI, à l'avoir assuré de son affection, et à continuer à le faire au moins une fois par semaine, en nous informant de ses activités dans des termes que l'on aimerait retrouver dans la presse à plus fort tirage (voir rubrique media, actualités).

C'est en tombant sur ce journal par hasard que j'ai découvert le Cardinal Ratzinger, peu avant le 19 avril, et qu'ensuite, je me suis réjouie de son élection. Je vous laisse découvrir le reportage consacré à l'évènement dans le n° du 20 avril. Il mérite de figurer dans cette rubrique "Témoignages"


Une joie immense a déferlé sur la Place Saint-Pierre

Annuntio vobis gaudium magnum : habemus Papam.
La formule - solennelle, claque dans le ciel de Rome. Et c'est d'une voix forte que le protodiacre, le cardinal Medina, apprend, à la Ville et au monde, le nom de l'élu : le cardinal Joseph Ratzinger, « qui s'est lui-même donné le nom de Benoît XVI».
Une joie immense, indescriptible submerge la foule des fidèles sur la place Saint-Pierre, dans la via della Conciliazione, et loin, très loin, dans tout Rome, et, grâce aux prouesses techniques, jusqu'aux extrémités de la terre.

La journée avait cependant plutôt mal commencé. Le temps était redevenu maussade, et, peut-être influencés par un soleil capricieux, les dizaines de milliers de fidèles qui se pressaient sur la place Saint-Pierre laissaient transparaître leur doute d'une issue rapide. Peu avant midi, la fumée noire de la Sixtine ajoutait à l'incertitude.

La foi des humbles est tenace. A mon retour, peu avant seize heures, au pied de la cheminée de l'espérance, je constate que nombre de ces pèlerins sont restés sur place.
Petit à petit, l'heure avançant, la foule des fidèles grossit, et se couvre des drapeaux des pays les plus divers, et des continents les plus variés. Sur les épaules de son père, une petite fille agite inlassablement, dans le vent tenace, le drapeau aux couleurs de la Fille aînée de l'Eglise. La France ; ma France...

Te Deum laudamus...

II est six heures à peine. Un mouvement de la foule me rappelle à la réalité de l'heure présente. Un coup d'oeil à la cheminée suffit à m'en convaincre : la fumée qui commence à s'en échapper ne peut être que grise ; il est trop tôt pour qu'il en soit autrement. Les cardinaux n'ont matériellement pas eu le temps de voter deux fois...
Quelques secondes encore, et de larges volutes blanches viennent confirmer ce que je sais déjà : nous avons un Pape.
Je ne discerne quasiment pas la fumée; mes yeux sont trop embués de larmes. Car je pleure, comme l'enfant orphelin à qui son Père est rendu.
Lorsque les cloches de Saint-Pierre viennent confirmer l'extraordinaire nouvelle, la foule explose, chante des cantiques, et souhaite longue vie au nouveau Pape - qu'elle ne connaît pas encore.
D'ores et déjà, c'est un miracle. Car le duel auquel croyaient les tenants d'une lutte fratricide entre conservateurs et réformateurs n'a pas eu lieu. Pas en vingt-six heures de conclave !
Dès lors, une idée folle, une idée conservatrice, traverse mon esprit - moins folle cependant qu'elle ne pouvait le paraître à certains d'entre nous il y a quelques heures encore.
Quelque quarante minutes plus tard, le cardinal Medina, le porte-parole du Sacré Collège, apparaît au balcon central de la basilique Saint-Pierre. D'une voix forte, mais lente, trop lente à notre impatience de fils, il nous apprend ce que nous sommes si ardents de savoir.
Josephum ! Le prénom suffit à confirmer ma folle espérance.
Et lorsque nous apprenons le choix du cardinal Ratzinger - Benoît XVI ! - la joie, dans la foule, tourne au délire.
Le cardinal Ratzinger ! Celui-là même qui, dans ses méditations pour le dernier Vendredi saint, soulignait que la barque de Pierre prenait eau de toutes parts. Celui qui, hier encore, le matin même de l'ouverture du conclave, dénonçait la « dictature du relativisme » et réaffirmait le Credo de l'Eglise.

Il y a à dire, et l'on dira, et Benoît XVI, nous l'espérons, affirmera, tant et tant d'autres choses.

Mais, d'ores et déjà, les tenants d'une ouverture toujours plus grande de l'Eglise au monde ont perdu une bataille; et le savent. Et leurs grimaces médiatiques, déjà, le disent... Pensez ! le cardinal Ratzinger, celui qui définit l'Europe comme Chrétienté ! Sans parler de la messe de Saint- Pie V...
Bref ! le porte-drapeau des conservateurs au sein du Sacré Collège, contre lequel allaient toutes leurs diatribes, toutes leurs attaques ; toute leur méchanceté.
Et les mercis, dans toutes les langues, montent vers les cardinaux, qui ont rendu un Père aux fidèles, un Pape à Rome et à l'Eglise.
Et le Pape Benoît XVI, pour la première fois, donne sa bénédiction à la Ville et au monde.
Benoît, Benoît XVI ! Inlassablement, et dans toutes les langues, les fidèles disent et redisent le nom de leur Père : Benoît, Benedetto... Benedictus.
Oui, Benedictus qui venit in nomine Domini !
OLIVIER FIGUERAS
“Présent du 20 Avril 2005



Avouez que ce magnifique témoignage tranche avec ce que l'on avait pu lire dans la presse française au lendemain de l'élection....

[Modificato da beatrice.France 05/12/2005 13.41]

beatrice.France
00Wednesday, December 7, 2005 11:53 AM
Le récit de Mary
Je viens de terminer la traduction du récit de Maryjos, sur la section anglophone du forum.
http://www.freeforumzone.com/viewmessaggi.aspx?f=65482&idd=442&p=1

Tel quel, il dégage une charge d'émotion incroyable, et il m'a beaucoup émue. Voyez la description de SES yeux, et le moment où elle touche SA main...
A chaque fois que l'on rencontre le mot Papa, j'ai cru utile de ne pas le traduire, car le mot français Le Pape n'en rend pas la portée affective.


Photo de Mary


Je l'ai touché!!

Très chers amis
Bien sûr, je veux partager ce moment avec vous, et donc, je me lance!

Grâce à Leila, notre guide, nous avions obtenu la veille nos billets pour l'audience générale du 28 septembre.
Leila nous avait dit qu'elle nous donnerait les billets quand elle nous retrouverait devant la Place Saint-Pierre. Nous nous trouvions alors au Borgo Pio, en haut duquel, du côté opposé, se trouvent les colonnes qui délimitent la Porte Saint-Anne. Nous avions pris notre petit-déjeuner un peu tard, à mon avis, car nous ne sommes pas sorties avant 8h30.
Nous avons installé Giovanna dans son fauteuil roulant, puis Sabine, Sarah, Keith et moi-mêmes nous sommes mis en route; je poussais le fauteuil roulant, et les 2 autres "assuraient" Giovanna de part et d'autre, car elle craignait de tomber.

Les pavés, puis le passage en haut du Borgo Pio, ne sont guère commodes pour manoeuvrer un fauteuil roulant. Cela me parut très long, d'atteindre l'extrémité de la rue. C'est alors que nous vîmes la queue. Elle atteignait presque la Porte Sainte-Anne, à présent - il devait être 8h45.
Leila nous attendait avec d'autres de notre groupe. Nous nous dirigeâmes très lentement vers elle. Je pouvais à peine respirer, et même, à ce stade, j'avais du mal à réaliser (à espérer) que j'allais voir mon Pape bien-aimé. Cela faisait presque une semaine que nous étions à Rome, et je l'avais déjà vu sur un écran géant, à l'Angelus du Dimanche, donnant sa bénédiction depuis Castel Gandolfo. Comme nous approchions de la colonne, un officiel s'approcha, et nous dit qu'une seule personne pouvait conduire le fauteuil roulant. Mes chers amis me regardèrent, et dirent "Mary".

Ils savaient ce que cette occasion représentait pour moi. C'est ainsi que je pus poursuivre, dépassant tous ces gens qui attendaient, puis je crois que nous dûmes passer nos sacs à travers un détecteur de métaux - franchement, je ne m'en souviens pas, j'étais dans un tel état, à ce moment. Quelqu'un m'aida pour permettre au feuteuil de franchir quelques marches pour atteindre la Place, - ce devait être le séminariste avec qui je devais échanger quelques mots un instant plus tard. Il marchait devant nous. Je pensai que c'était un prêtre. Je me souviens de lui avoir demandé de prier pour Nan, qui commençait ses cours de ...(?) Il était très gentil, il me demanda même de répéter son nom comme s'il voulait l'imprimer dans sa mémoire.

Il me dit de me diriger directement vers l'aile centrale, devant. Là, un autre homme m'orienta vers la seconde rangée réservée aux handicapés. Pour chaque espace alloué à un fauteuil roulant, il y avait une chaise. Cet homme ne parlait que l'italien, bien que j'aie essayé un peu d'anglais. Il était très élégant dans son costume gris, et portait plusieurs chaînes d'argent ornées de médailles. Je m'arrangeai pour demander à des gens derrière moi qui il était, on me répondit qu'il appartenait à l'ordre des chevaliers de Malte.
Il était chargé de placer les gens.

Et voilà... Nous y étions. Le soleil était déjà chaud; le ciel sans nuages. J'avais mis mon chapeau de soleil, mais plus tard, je remarquai que l'arrière de mon cou avait été brûlé. Je pris une photo de Giovanna - pour ce faire, je dus aller sur les marches. Nous étions vraiment très proches de l'endroit où Papa allait prendre place, et pourtant, cela semblait encore si loin...

Le groupe des pélerins handicapés derrière nous était polonais. L'un d'entre eux me fit présent d'un badge avec le portrait de Jean-Paul, le nom de leur pélerinage, et la date - c'est un souvenir unique.

Puis, nous dûmes attendre environ une heure. Je ne sais pas ce qui me passait par la tête. Je pris plusieurs photos de la foule derrière nous. Je pensai à ce que Sabine m'avait dit , quand je lui avais parlé d'adresser quelques mots à Papa. Je voulais prononcer "Ich liebe Dich", mais elle m'avait dit qu'il ne fallait pas! Je devais dire "Ich ehrhere Sie", ce qui signifie à peu près "Je vous honore". Je ne pouvais m'empêcher de penser à ce que j'allais dire....

Finalement, vers 9h50, nous entendîmes l'hélicoptère. Je me retournai, et le vis qui approchait, volant à assez basse altitude, venant du sud, en direction du nord de la Place, , puis qui disparaissait derrière le Palais apostolique.
Mon appareil photo s'était mis en veille, et, dans ma frénésie, je ne pus même pas photographier l'hélicoptère. Pouvez-vous imaginer les quelques minutes qui suivirent? Je ne me souviens réellement de rien. Je ne savais ni où ni quand Papa allait apparaître...
Presque exactement à 10h, je regardai sur ma gauche. "Le voilà!", dis-je, et je commençai à prendre des photos tandis que la jeep blanche franchissait l'Arc des Cloches. La première chose que je remarquai de Papa, ce fut que sa soutane n'était pas d'un blanc brillant, mais plutôt d'une teinte ivoire. Il était debout, et s'était tourné, pour faire face aux gens placés devant. La jeep pivota, et s'engagea dans l'allée qui longeait la première rangée. A présent, la foule criait follement, acclamait. Je crois que je suis juste restée silencieuse, prenant autant de photos que je pouvais.
La voiture de Papa s'éloigna de moi, mais je gardai les yeux fixés sur l'endroit où je savais qu'il était, et je pouvais apercevoir sa chevelure blanche presque tout le temps. Il fut conduit jusqu'au bout, puis de nouveau du côté nord de la Place, puis la pente vers l'estrade où son son siège l'attendait.

D'abord, il y eut les chanteurs - j'ignore ce qu'ils chantent, chaque semaine. Ils étaient juste devant l'endroit où Giovanna et moi étions assises. Mais je les regardai pas - je gardais les yeux fixés sur Papa. C'était loin, très loin de moi, même si j'étais au second rang.
Puis vint sa cathéchèse, et sa bénédiction. Je me souviens que j'arrivais à peine à réaliser que j'étais là. Je tendis le chapelet que j'avais acheté, pour qu'il soit bénit. Il est dans une boîte ronde en fer blanc avec son portrait dessus. Puis, ce fut la rencontre avec tous ces évêques, je ne pus en voir aucun car nous étions très loin sur la gauche. Il me sembla qu'il prenait vraiment beaucoup de temps à saluer tous ces gens.

Tandis que cela se déroulait, on nous fit nous déplacer, - on nous installa sur une seule file, devant la première rangées de sièges "ordinaires", et la file s'allongea jusque devant les bâtiments situés sur le côté gauche de la Place.
Je savais à présent que j'allais voir Papa de très près.

Puis... très vite, la jeep fut de nouveau là, et descendit la pente. Mais je pensais qu'il allait faire un grand tour, et je n'étais pas prête.... soudain, je le vis à l'extrémité de notre rangée - il était penché, tendant sa main gauche vers nous... bientôt, ce fut mon tour. Je pris une photo. Puis je rangeai mon appareil photo, et ôtai mon chapeau de soleil. Il était très proche, à présent. Papa, il faut que tu me laisses te toucher, ai-je pensé en le voyant. Je n'entendais plus rien, mais je savais que tout le monde criait, hurlait, battait des mains, appelant "Benedetto". De nouveau -je me répète - , il me semblait être dans un monde de silence.
Puis il fut devant moi. Je tendis mon bras vers lui, l'implorant presque. Je regardai droit dans ses yeux, sûre qu'il me reconnaîtrait: je le connais si bien, mais lui ne me connaît pas. Il regarda droit vers moi: pas de signe de reconnaissance, bien sûr.

Mais ces yeux - je me les rappellerai toujours. Il sont marrons au centre, d'un vert tirant sur le gris au pourtour, et tellement, tellement expressifs. Ils ne ressemblaient aux yeux de personne que j'aie pu voir avant cela; ils éteignaient tout autour d'eux, - seuls, son visage entier, ses cheveux, son être tout entier rayonnaient.
Je ne vis rien d'autre, personne d'autre. Je sais que Georg était dans la voiture, mes photos le montrent; mais je ne l'ai pas vu.

Papa prit ma main droite, et alors je la plaçai au dessus de sa main, sa main gauche, voulant la garder là. Comme il commençait à s'éloigner je regardai le dos de sa main: C'était tendre et beau. Tout en faisant cela, je levai les yeux vers lui. Je voulais qu'il me regarde aussi, mais évidemment, ce n'était pas le cas. Par moments, il regardait au-dessus de nous, vers ceux qui se trouvaient plus loin. Puis il s'éloigna pour de bon, penché pour tenir les mains d'autres pélerins. Je restai dans un état proche de l'hébétude.

Je me tournai vers les dames derrière moi On nous avait donné à tous des photos signées de Papa, et je me souviens que ces deux dames suppliaient pour en avoir aussi. L'aimable Chevalier de Malte se laissa fléchir, et leur en donna une à chacune. J'appris qu'elles aussi aimaient (loved) Papa. Je leur souris, et soupirai "Che bellissimo Papa!" - c'étaient des italiennes. Nous nous exprimâmes essentiellement grâce au langage des signes - je posai mes mains sur mon coeur, pour montrer ce que je ressentais, et elles firent de même. Nous convînmes même de nous revoir par la suite -Dieu sait comment, car mon italien est très limité.
C'était terminé. On nous demanda de nous déplacer, et les barrières furent ouvertes afin de nous permettre de regagner la Place.

Papa continuait de saluer ceux qui étaient alignés le long du mur, mais à présent, il fallait que j'y aille. Je poussai Giovanna à travers la Place, à travers la foule et les nouveaux mariés en train de prendre des photos. Giovanna n'arrêtait pas de parler; j'étais silencieuse. Je la poussai de nouveau en direction du Borgo Pio, vers l'hôtel................, loin du soleil, loin de la lumière qu'est le Pape Benoît.
Bis naechstes Mal, Papa! Finalement, je ne lui avais rien dit. Je crois que le bruit autour était trop fort, bien que n'en eusse pas conscience, mais je doute d'avoir pu articuler un seul mot, de toutes façons;
J'écrirai donc ici ce que je n'ai pas pu dire: "Ich liebe Dich, Papa!"
Il y a des larmes dans mes yeux tandis que j'écris cela, chers amis qui l'aimez aussi. Je suis si heureuse d'avoir partagé cela avec vous, même si cela fait maintenant presque deux mois que c'est arrivé. Deux mois demain.

Un saluto e un abbraccio a tutti voi!
Mary


[Modificato da beatrice.France 07/12/2005 21.15]

beatrice.France
00Sunday, December 11, 2005 2:32 PM
Le 19 avril dans le mensuel "Feu et Lumières" de Juin 2005
Encore un magazine que je ne connaissais pas, trouvé en kiosque.
Voici leur site Internet:




L'équation gagnante de Benoît XVI

Beaucoup de choses ont été dites sur Benoît XVI à la suite de son élection. Il nous semblait important de permettre à nos lecteurs de porter un autre jugement sur cet événement. Le père Ide, qui vit à Rome, nous livre la façon dont il a vécu ces dernières semaines et l'immense espérance qui habite son coeur.



Je pense que je me souviendrai toute ma vie du moment de l'élection de Benoît XVI. Je me trouve à mon bureau qui donne sur la place Saint-Pierre. Il est 17h50. Je dois passer un coup de téléphone pour l'étranger; la standardiste me répond.

« Nous avons un nouveau pape ! - Non ! -Si ! » Alors, mon coup de téléphone peut attendre !

Je regarde par la fenêtre : la police dégage le sagrado, lieu où se déroulent les célébrations, devant la Basilique. La foule déjà s'amasse. Soudain, je vois le bourdon de Saint-Pierre se balancer, faisant voler en éclats tous mes doutes : après quatre scrutins et le temps très bref de vingt-quatre heures, un nouveau pape a été élu. La place Saint-Pierre se remplit alors à une vitesse inouïe : hommes d'affaire, enfants, familles, tous les Romains arrivent en courant.



18h 40. La fenêtre de l'Aula des bénédictions s'ouvre à peine qu'un intense cri de joie parcourt toute l'assemblée.
La suite, vous l'avez vue. Nous découvrons d'abord qui est le pape : « Josephum Ratzinger » ; puis le nom qu'il s'est choisi « Benedictus XVI ».

Opinions diverses

Pourtant, étrangement, je me sentais divisé. D'un côté, je me disais : « Quel bien constitue ce nouveau pape ! » De l'autre, je n'arrivais pas à me réjouir. Pour moi, le cardinal Ratzinger était et ne pouvait être que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, choisi par Jean-Paul II pour l'aider à veiller sur le dépôt de la foi, avec une ouverture doctrinale incomparable.
De plus, je gardais en mémoire certaines opinions sur les trois ans qu'il avait passés comme archevêque de Munich : il semblait plus être docteur que pasteur. Enfin, j'imaginais déjà se lever nombre de réactions négatives et je m'en attristais d'avance.
Malheureusement, je ne me trompais pas. Le soir même commençaient à fuser les jugements, les caricatures, les critiques injustes. Depuis, nous avons tout entendu, même l'inimaginable et l'insupportable. Ces critiques appellent toutefois un discernement, car elles recouvrent des attitudes intérieures différentes.
À un extrême, nous trouvons la haine destructrice, mensongère. Elle ose affirmer que Benoît XVI eut des collusions avec le nazisme. Faire un tel rapprochement relève de la calomnie la plus totalement inadmissible. L'admirable autobiographie du Cardinal Ratzinger, traduite en français, montre par exemple combien, sous les huées de ses camarades, il refuse, à l'âge de dix-sept ans, d'entrer dans les milices SS en affirmant qu'il veut devenir prêtre catholique.
Plus modérée, la colère est souvent alimentée par des arguments usés jusqu'à la corde : « Ce Pape est un conservateur ».
Derrière ces ires mal informées, sectaires, se dit souvent une crainte. Je songe à une personne me disant : « J'aime l'Église ; j'aimais Jean-Paul II. Je n'ai pas du tout de rejet a priori de Benoît XVI que je ne connais pas ; au contraire, quand j'ai vu son visage à la télévision, il m'a plu, d'emblée. Pourtant, depuis, tout ce que j'entends sur lui me fait craindre que nous perdions la belle ouverture qu'avait apportée son prédécesseur. »
Nous avons alors parlé de la personnalité du nouveau pape et j'ai vu la confiance progressivement remplacer la crainte. Enfin, il y a la tristesse. Il nous faudra un peu de temps pour faire le deuil de Jean-Paul II et accueillir pleinement son successeur, avec son originalité, sans comparer : aucun Vicaire du Christ n'est le Christ et si Benoît XVI n'a pas toutes les qualités de Jean-Paul II, l'inverse est aussi vrai.

Personnalité remarquable

Quelques anecdotes révèlent souvent plus un homme que de longs discours. Des pèlerins américains, place Saint-Pierre, avisent un prêtre et lui demandent de les prendre en photo. Celui-ci accepte de bon coeur. Puis ils lui demandent de poser avec eux sur la photo. Quelle a dû être leur surprise de se rendre compte que c'est aujourd'hui le pape ! Remarque émerveillée d'un homme très simple, sachant à peine écrire, après la messe d'intronisation : « J'ai tout compris de son homélie. Pourtant, elle a duré trente-cinq minutes ! »
Un des théologiens de la prestigieuse Commission Théologique Internationale que le cardinal Ratzinger présidait
notait : « Il nous arrivait de nous perdre dans des débats de plus en plus - complexes. Après avoir écouté, le Cardinal intervenait, offrait son point de vue qui, presque toujours, réconciliait les points de vue opposés et les éclairait par en haut. »
Enfin, une personne me disait : « À l'enterrement du Cardinal Ratzinger, certains grands de ce monde seront embarrassés, quand ils se rendront compte qu'ils sont entourés de clochards, ceux que le Cardinal salue tous les jours dans son immeuble de la Città Leonina, avec qui ils parlent et à qui il donne volontiers de l'argent ».

Comment mieux dire la simplicité, le souci des plus pauvres, l'ouverture, l'intelligence exceptionnelle ?
Ce sont ces qualités que les fidèles découvrent en ces premiers jours de pontificat. Elles étaient déjà présentes chez le Cardinal.
On s'inquiète de son intransigeance. Ne la confondons pas avec le sens de la vérité ! Aujourd'hui, parler d'amour, de solidarité, de compassion fait l'unanimité. Et on oppose cet amour tolérant à la vérité prétendue excluante. Mais le plus grand bien dont l'âme a besoin n'est-il pas celui de la vérité ? Benoît XVI qui, dans son homélie du dimanche 24 avril, a longuement rappelé le sens du pallium, ne séparera pas amour et vérité.

On s'inquiète de son conservatisme. Mais le Christ n'a-t-il pas affirmé que pas un iota de la Loi ne passerait (Mt 5,18) ? Pourtant, qui oserait dire qu'il est conservateur ?
On s'inquiète de ses fermetures en matière d'oecuménisme ou de dialogue interreligieux. C'est oublier que Benoît XVI a côtoyé de près la théologie protestante à la Faculté de Tübingen, a envoyé son premier télégramme à la communauté juive de Rome, qu'il parle couramment le grec moderne et est ami du patriarche allemand de Moscou, que les différentes célébrations, depuis le décès de Jean-Paul II jusqu'à la messe d'inauguration du pontificat, ont fait largement respirer les deux poumons, oriental et occidental, de l'Église.

Immense espérance

Je crois que l'espérance ne pourra vaincre la crainte que si nous adoptons un regard résolument théologal sur l'élection de l'évêque de Rome. D'abord, celle-ci requiert les deux tiers des suffrages.
De plus, chaque cardinal, avant de mettre son bulletin dans l'urne, prononce à haute voix le serment suivant : « Je prends à témoin le Christ Seigneur qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu ».
Benoît XVI a été choisi par une grande majorité de ses frères cardinaux du monde entier. Le fait est rendu encore plus évident et plus signifiant par la brièveté de l'élection.

Ensuite, une parole prononcée lors de l'homélie du 24 avril me donne une joyeuse espérance dans le nouveau pape : « Je n'ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement... Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l'Église, de me mettre à l'écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l'Église en cette heure de notre histoire ».
Un homme humainement aussi doué qui remet ses talents entre les mains de Dieu, c'est l'équation gagnante ! Depuis plus de vingt ans, les épreuves, les calomnies en tous genres l'on creusé, et lui ont appris à pardonner sans condition. Homme doux et humble, son cceur s'est "christifié" à sa précédente fonction, le préparant à son insu à la nouvelle et écrasante mission de Vicaire du Christ.

Enfin, nombre de fioretti attestent la stupéfiante et imprévisible fécondité du départ de Jean-Paul II. Comment ne pas imaginer que celui-ci a prié et prie tout particulièrement pour son successeur ?
Tout de suite, Benoît XVI a dit sentir que son prédécesseur le tient fermement par la main. Dès le lendemain de l'élection de Benoît XVI, mon coeur était plus léger ; maintenant il est dans l'action de grâces et une profonde confiance. Le passé prouve que tous nos pronostics ont été déjoués : qui aurait pensé que Jean XXIII, dont on disait qu'il était un pape de transition, aurait l'audace d'annoncer un second Concile du Vatican ? L'histoire de ces deux derniers siècles montre aussi que l'Église a eu l'immense grâce d'avoir eu des papes d'une sainteté de vie incontestable.


sylvie.france
00Sunday, December 11, 2005 5:12 PM
salle en délire
tranchette de vie d'une fan


10 Dec. 2005. (AP Photo/Plinio Lepri)

Je pensais enregistrer un épisode des voyages de Jean-Paul II, sur Telepace de 12 h à 12 h 30, ce samedi 10 décembre .

A ma grande stupéfaction, je me suis trouvée dans la Aula Paul VI , avec une foule de soeurs et de membres du clergé .
La salle n'était pas pleine à craquer, mais quand l'orgue a commencé à jouer, les soeurs ont commencé, elles, à entonner Béééé- né- detto de plus en plus fort .

Lorsque la porte sur la gauche s'est ouverte, le délire !
elles avaient toutes des foulards blancs, et c'était un océan d'écume blanche qui s'agitait .

J'avais vu un peu ça , cet été, après les JMJ , les jeunes qui criaient dans cette salle ; mais y voir des femmes plus âgées, se trémousser, en agitant frénétiquement leur foulard et en hurlant après leur "idole" ..... au début, ça surprend un peu ; surtout venant de soeurs !
je regarde mieux : mais c'est qu'il y a aussi des hommes qui ont leur foulard blanc et qui braillent !!! hiiiihihi

L'ovation est tellement bruyante et longue, que Benoit fait signe des deux mains, de "la mettre en sourdine".

Le Cardinal Ruini ne peut pas dire deux mots sans être applaudi ; il est heu-reux , avec un sourire plus haut que les oreilles ! ça fait plaisir à voir, je l'adore, ce petit Camilio.

Merci à mon Ange Gardien !
Je ne crois pas au hasard, ce n'est donc pas le pur hasard qui a fait que je tombe pile sur une émission non prévue, et qui est aussi singulière !
Les petites mémées qui se secouent comme des suporters dans un stade, ce n'est pas en France qu'on voit ça ! surtout depuis qu'on a privé Avignon de NOS Papes !
Cet enregistrement, je me la garde, car vraiment c'est un témoignage d'amour, de dévotion, de tout ce qu'on veut ; et surtout la preuve que JE ne suis pas LA seule à être dingue de lui !
anna67 emploie les mêmes mots que moi, en italien ,c'est amusant. [SM=g27824]

Sylvie
beatrice.France
00Monday, December 12, 2005 4:41 PM
Hommage au génie de Joseph Ratzinger dans "L'Homme Nouveau"
Il s'agit d'un bimensuel catholique français, fondé par Marcel Clément, récemment décédé, (pour l'anecdote, son fils n'est autre que notre actuel ministre de la justice Pascal Clément) dont vous trouverez ici le site internet:
l'Homme Nouveau
Ce que vous allez lire ci-dessous vous donnera sûrement envie de connaître ce journal.

Voici l'éditorial du n° spécial édité juste après l'élection de Benoît XVI:

Une bénédiction

C'est avec un jeu de mots que les Romains ont accueilli leur nouvel évêque: Benedetto, Benedetto : « Benoît le béni » !
Que « Joseph cardinal Ratzinger » ait fait l'objet de la bienveillance de Dieu, c'est un fait surnaturel.
On sait que l'élu aspirait à reprendre le chemin de la méditation des mystères de Dieu et, d'un point de vue purement naturel, être appelé à la mission de pasteur universel n'était certes pas son ambition. Ce fut même, a-t-il déclaré, « une grande surprise ». Mais Dieu seul connaît notre bien véritable et celui de son Église.
Benoît XVI est une grande bénédiction pour l'Église et le monde.
Comment taire notre immense joie ? Pour L'Homme Nouveau, le journal le plus « ratzingérien » de la presse catholique française (on nous l'a parfois reproché), l'annonce du résultat de l'élection fut un choc. Il nous a fallu du temps pour nous persuader que nous ne vivions pas un songe illusoire. Que voulez-vous, l'actualité nous a trop habitués aux mauvaises nouvelles y compris, bien souvent, l'actualité ecclésiale !

La presse n'a pas suffisamment souligné l'importance de son oeuvre : Ratzinger est l'un des plus grands théologiens de notre temps, qui n'a rien à envier à un Balthasar, un Journet ou un de Lubac.
C'est un outil puissant de ressourcement à la fois intellectuel et spirituel. Son intelligence n'est pas seulement savante: elle est capable d'intuitions fulgurantes, dont le caractère parfois abrupt est une invite à la contemplation de la vérité.
Alors, plus que jamais, L'Homme Nouveau est fier d'être au service de Benoît XVI, lui-même au service du Seigneur. Fier et joyeux.
Nous vivons un temps de grâces.
Que le Nom de Dieu soit béni de siècles en siècles !

Daniel Sureau, l'Homme Nouveau, Dimanche 1er Mai 2005



[Modificato da beatrice.France 12/12/2005 16.42]

sylvie.france
00Tuesday, December 13, 2005 2:05 AM
L'Homme nouveau
A voir ou revoir, l'archive de l'excellente émission
"KTO Magazines" :

www.ktotv.com/video_data.php3?numero=1015

Benoît XVI : quel écho dans la presse ?

Présentation :
Quelques semaines après l’élection de Benoît XVI, la presse regarde avec un certain recul celui qu’elle a au départ taxé de conservateur. Du cardinal Ratzinger, responsable de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, au Saint-Père, pasteur de plus d’un milliard de catholiques, c’est aujourd’hui la véritable personnalité d’un homme que les média doivent découvrir.

Invités
- Constance Colonna-Césari - Auteur de Benoît XVI les clés d'une vie (*)
- Jacques Collet - Rédacteur en chef de LCI
- Sophie de Ravinel - Journaliste du Figaro
- Philippe Maxence - Rédacteur en chef de L'Homme nouveau

------------------
(*)avis personnel : livre de peu d'intérêt
Sylvie
beatrice.France
00Tuesday, December 13, 2005 5:04 PM
Ce que j'ai éprové le 19 avril 2005...
J'ai moi aussi éprouvé le besoin de coucher sur le papier ce que j'avais ressenti le 19 avril dernier. J'avais donc écrit juste après l'élection, ce texte pour moi seule, car, étant d'un naturel réservé, je n'avais pas l'intention de le faire partager à quiconque. Mais maintenant, depuis que je fréquente ce forum, cela me gêne moins de penser que d'autres vont le lire, car je sais que je ne suis pas seule à avoir ressenti cette émotion-là...

Mardi 19 Avril 2005, il est 18h47….

Je suis comme tout le monde devant mon poste de télévision.

Je suis fébrile, mais c’est pour une raison somme toute vulgaire, l’impatience de savoir,  de voir, la sensation confuse d’une tension qui monte, mais qui va se relâcher d’un instant à l’autre…Ce n’est pas très éloigné du sentiment que l’on éprouve au cinéma lorsqu’on arrive à la fin d’un film à suspense. Et puis, je n’ai guère hanté les églises depuis mon adolescence, et je suis encore convaincue que la foi est une grâce qui ne m’a pas été accordée. 

Comme tout le monde, aussi, je connais l’identité du nouveau Pape, et je sais depuis l’annonce faite par le protodiacre chilien Medina qu’il a choisi le nom de Benoît XVI. Mais celui du cardinal Joseph Ratzinger ne me dit que peu de choses, je sais seulement (ce qui m’agrée) qu’il est classé comme conservateur, et que lors de la méditation du Chemin de Croix, il a prononcé des propos musclés sur l’Eglise, une barque qui prend l’eau de toutes parts…

Puis, le rideau rouge dans la loge des bénédictions de la Basilique Saint-Pierre s’ouvre comme au théâtre… et c’est une révélation !

 

« IL » apparaît, il ouvre les bras vers nous en un geste caressant, un geste de père, comme s’il voulait nous serrer contre lui, il sourit …
Ah!! ce geste des bras... Comment l'oublier!
Il parle en italien, d’une voix douce, légèrement cassée par la fatigue; et cette voix
tremble un peu, de peur et de timidité devant la foule immense, et il bute sur les mots d'une langue qu'il maîtrise mais qui n'est pas la sienne (qui a remarqué qu’il a rectifié le « prières » français en un « preghiere » italien ?), sous l'emprise d'une émotion profonde, qu’il parvient presque à dominer, et qui me le rend instantanément touchant parce qu’il est fragile et humain. Et lorsqu’il nous bénit… il n’a plus d’âge, il est transfiguré par la sérénité, la lumière dont il rayonne. Plus rien d’autre n’existe que cette lumière.

Après, je me sens légère, joyeuse. J’ai téléphoné à ma mère pour partager cet instant de bonheur, je devrais dire "cet instant de grâce"....

 

Pour moi, il s’est passé ce jour-là quelque chose de vraiment spécial. Comme si une porte s’était ouverte. Beaucoup plus tard seulement, en revoyant les images enregistrées et en y repensant, j’ai réalisé qu’il était beau, avec son doux visage souriant, aux traits menus et délicats comme ceux d’un enfant.
A qui m’objectera que cet engouement banalement humain n’a rien de spirituel, et s’apparente plus à l’idolâtrie qu’à la Révélation, je répondrai que le Seigneur (s’il existe, mais maintenant, comment douter qu’il existe ?) pourrait fort bien choisir cette voie humaine  pour se révéler. Après tout, les disciples ont peut-être commencé par aimer la personne de Jésus.

Et sa beauté, ce visage encore si pur et si lisse que l’on pourrait croire  modelé dans la porcelaine, et qui rayonne de bonté, ne peuvent qu’être un don de Dieu.
 

Après ce moment intense, quelques réflexions s’imposent à moi :

 

D’abord, comment ne pas croire à la prédestination ?
Il l’a dit lui-même, d’ailleurs, dans un de ses livres que j’ai lu par la suite, « Dieu a un projet pour moi ». Et il n’était pas encore pape! Comment ne pas croire en effet que Dieu ne poursuivait pas un but en le faisant naître dans cette famille simple mais exceptionnelle (il faut lire ce qu’il en dit dans son livre de souvenirs), dans cette Bavière rurale profondément marquée par le catholicisme (encore aujourd’hui!), puis en lui accordant tous ces dons vraiment extraordinaires, entièrement tournés vers la recherche et l’accomplissement du Bien, alors qu'à moins de 20 km de là, presque quarante ans plus tôt, et sur les bords de la même rivière, l'Inn, était né et avait grandi l'incarnation du Mal que fut Adolf Hitler.

 

Son âge apparaît comme un défi à cette société qui vénère comme le veau d’or l’apparence de la jeunesse, et envoie ainsi un message de courage et d’espoir (et pourquoi pas, de fierté) vers ceux qu’il faut bien appeler les vieux. Car son image incroyablement juvénile rayonne d' une énergie sereine qui lui donne une valeur de symbole.

 

Et puis, comment ne pas être impressionné par la trajectoire fulgurante du petit garçon bavarois issu d’une modeste famille paysanne, jusqu’à la plus haute charge de l’Eglise catholique, après avoir été, au dire de Time Magazine, en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, l’une des cents personnalités les plus influentes au monde. N’en déplaise aux zélateurs de la démocratie et de son soi-disant « ascenseur social », ceci témoigne de l’incroyable capacité de l’Eglise avec sa structure pyramidale, son système d’élection aristocratique et son gouvernement monarchique (des survivances du passé !) à promouvoir le vrai mérite de l’excellence. 

Quelle leçon pour notre république si encline elle-même à en donner!

 

Pour finir, j’aimerais témoigner d’un propos recueilli le lendemain « dans la rue » (ou plus exactement, à la caisse d’un supermarché). Devant la photo géante du nouveau Pape à la une du Figaro que je venais d’acheter, une dame m’a dit, après avoir comme tout le monde déploré son grand âge, et constaté ma réticence à ses propos : « il porte la sainteté sur son visage ». On ne saurait mieux dire.

Vox populi…



Béatrice, 29 avril 2005




[Modificato da beatrice.France 13/12/2005 21.43]

sylvie.france
00Wednesday, December 14, 2005 10:39 PM
Mon 19 Avril 2005

Jean-Paul n'est plus , je suis très malheureuse ; j'achète les journaux, découpe ses photos .

Arrive le 8 Avril.
En pleurs devant la télévision, j'écoute cette voix si douce . Elle me semble triste, émue, sincère.
Joseph Ratzinger .... la foule applaudit beaucoup ses paroles si belles.
J'écoute plus attentivement . Ma tristesse se mêle à l'intérêt et l'admiration que je commence à lui porter
A la fin de la cérémonie mon chagrin n'a pas cessé, mais mon esprit m'entraîne vers une autre personne .

Quelques jours passent , tristes .
Et puis sur internet, je commence mes recherches ; la première chose que je vois me cloue à ma chaise !
je rêve ? un "fan club" ! un Cardinal qui a un fan club !
j'éclate de rire : c'est dingue . Ainsi il est connu et aimé . Je lis, je découvre, et je tombe sous le charme du personnage, de son oeuvre. Le 14 avril j'adhère au fan club.

Le Conclave :
les médias m'agacent avec leurs pronostiques ; il n'a aucune chance , on parle trop de lui .
Pourtant, en lisant que peut être ... il se pourrait ..., je commence à désirer de toutes mes forces que ce soit LUI .

Je n'ai aucun pouvoir, il me faut de l'aide, et je sais où m'adresser . Tout fort je demande de tout mon coeur à mes deux "personnages" de me donner Joseph comme Pape .

Mardi 19 :
mon papa ayant précédé, volontairement, Jean-Paul, deux mois avant, je n'arrive pas à me sortir de ces deux deuils et des ennuis administratifs etc... et ce mardi 19, je suis mal, très mal.
J'ai juste la force de m'installer à mon ordinateur, répondre à du courrier, lire les dernières nouvelles du conclave.
Vers 17 h ,j'allume une radio d'informations en continu, et on annonce peu après la fumée blanche !
ouppppp ! vite, la TV !
je zappe et .....RIEN ! juste une petite bande qui est passée rapidement sur france5
je téléphone à ma mère très excitée ;
puis ce sont les cloches , et là, quand même, nos chaînes françaises daignent interrompre leurs programmes minables, pour se tourner vers Rome .
Les minutes sont interminables.

Quand enfin le Cardinal Medina Esteve s'avance, je crois qu'il s'agit du nouveau Pape
et je me dis : zut c'est lui ?
Mon pauvre cerveau est fatigué et ne réalise même pas que c'est impossible.
L'annonce en latin n'en finit pas ......
"Josephum" ... hein ?
en même temps que je me sens écrasée de stupeur, le présentateur de la TV (pffffff) complète: "Ratzinger" ! et enchaîne sur des banalités et des commentaires qui enlèvent tout le charme .
La phrase en latin continue et confirme : "Cardinalem Ratzinger qui sibi ..."

Le courrant se rétablit dans ma tête ; je peux penser à nouveau, et je crie :
"nooon ooooh non ! c'est pas vrai, c'est pas vrai"
je ne peux que répéter ces paroles, secouée de gros sanglots et de rires .
Tout est allumé et confirme : la TV , la radio, le net, bientot .
Je regarde le plafond, et je remercie ceux que j'avais sollicités.

C'est l'apparition, la foule déchaînée, ses paroles émues.
Qu'il est beau, comme je l'aime....
Chaque fois que je me repasse la vidéo, je fonds en larmes.

Dehors la vie continue, les voitures roulent, les gens vont et viennent ; je les regarde , ahurie ; j'ai envie de hurler : "éh mais arrêtez-vous ! vous n'êtes pas au courrant ? c'est Joseph qui est notre Pape !"
Pas même un son de cloche dans le lointain .
Tout le monde s'en moque ! lorsque la ville ou le pays gagne un match sportif, tout se bloque, la circulation, les klaxons, on ne peut pas y échapper .
Mais un Pape, boooof
Je suis terriblement heureuse, et terriblement déçue .
Il me tarde de revenir à Rome , en images, le revoir, l'entendre .
Je tourne dans la pièce, et dans ma tête ; seule avec une telle joie ; avec qui la partager ? elle est trop lourde pour moi ; le fan club, bien sur ...
la TV ? bah de suite nazi, conservateur et autres cruautés bêtes, inutiles, viles, répugnantes.

Ma joie arrive à noyer toutes ces méchancetés. Le net réagit vite, il faut trier les critiques.
C'est là que j'y trouverai de l'enthousiasme, du bonheur . Je ne suis plus seule à remercier le ciel.
et depuis ce jour ma vie a changé.

Sylvie

[Modificato da sylvie.france 14/12/2005 23.23]

beatrice.France
00Saturday, December 17, 2005 9:17 AM
Reportages et souvenirs dans "OGGI" du 4 mai 2005
Le 19 décembre, le Pape doit selon la tradition,rendre visite à une paroisse romaine: il s'agira de Sainte-Marie Consolatrice, dont, en tant que cardinal -prêtre, il eut la charge jusqu'en 1993.
Dans le magazine "OGGI" en date du 4 mai 2005, il y avait un beau reportage et de touchantes anecdotes sur cette paroisse, puis sur celle qui lui succéda dans la charge du Cardinal.


Le Pape "de noantri" (NDT: ???)



"Vous verrez que ce sera un très grand Pape, très aimé des gens", dit quelqu'un qui le connaît bien.
C'est Don Enrico Pomili, curé de Sainte-Marie Consolatrice, une grosse église en béton surplombant les Palais du quartier Tiburtin, à la périphérie de Rome.
De 1977 à 1993, le cardinal Ratzinger était chargé de cette paroisse (en tant que cardinal "prêtre"). "Il venait une dizaine de fois par an pour saluer les fidèles", nous dit don Enrico. "Sans fanfare, dans une modeste auto conduite par son secrétaire. Doux, disponible, affectueux. Il ne s'est jamais soustrait, je dis bien jamais, à écouter avec patience quiconque voulait lui parler".
Des milliers de jeunes romains du quartier tiburtin ont reçu de lui la confirmation; les plus vieux se souviennent encore de lui, quand il jouait aux boules ("tenant sa soutane d'une main", se souvient Monsieur Alvaro Mattei), sur le terrain du patronnage.
Il avait promis de participer aux festivités pour les cinquante ans de sacerdoce de Don Enrico, fin mars (2005). Le plat de spaghetti prévu fut remis au 12 juin, à cause de l'état de santé de Jean-Paul II. Puis il est arrivé ce qui est arrivé... "Mais je sais que lui, il Papa de noantri, viendra certainement saluer ceux qui ne l'ont pas oublié", annonce triomphalement le prêtre.

"C'est vraiment un humble travailleur dans la vigne du Seigneur, comme il s'est lui-même défini en prononçant ses premiers mots en tant que Pape, le gardien amoureux de chaque petit grain", explique de son côté Don Franco Risi, curé de Saint-Clément, la cathédrale de Velletri qui fut assignée à Ratzinger à partir de 1994, jusqu'à ces derniers jours. "



Un grand homme, vraiment proche des gens, gentil avec tous.
Malgré ses lourdes charges, il venait volontiers nous voir plusieurs fois par an. Il n'a jamais manqué de célébrer la messe du 23 novembre, en honneur de notre patron, le Pape Saint-Clément. Et même, comme l'église n'avait pas d'orgue, il nous en a offert un, payé de sa poche."



[Modificato da beatrice.France 17/12/2005 9.51]

beatrice.France
00Sunday, December 18, 2005 2:03 PM
Joséphine nous parle des frères Ratzinger...
Georg Ratzinger a inspiré à Joséphine un beau texte que j'ai essayé de traduire ici.


PER GEORG

J'ai devant les yeux, là, une belle photographie trouvée par hasard sur Internet, et j'aime la regarder de temps en temps, presque en cachette.
C'est le portrait d'un prêtre: chevelure blanche et épaisse, lisse, les demi-lunettes (de presbyte) perchées sur le bout du nez, au dessus desquelles des yeux intenses au regard profond fixent l'interlocuteur.
Il est assis sur un tabouret, devant un piano, les genoux à peine écartés.
Dans la pénombre de l'arrière-plan, les boutons brillants de la soutane relètent de manière suggestive l'éclair du flash. Sa main droite est appuyée sur le clavier: les doigts fuselés par un long exercice sont écartés sur les touches, comme s'ils étaient prêts à jouer, ou plutôt comme s'ils venaient tout juste de s'interrompre.
Iis font ressortir par contraste les blancs poignets de la chemise.
Derrière lui, une partition est ouverte.
Non. Ce n'est pas LUI.
Même si on se dit que cela lui ressemble beaucoup.
En l'observant mieux, je note en fait avec stupeur qu'il a vraiment les mêmes mains, les mêmes doigts, jusqu'aux ongles qui sont identique!
Ses yeux aussi sont très beaux. Mais très sombres au contraire, un peu brouillés par l'âge.
Vu en pied, la tête légèrement penchée et un livre sous le bras, il se révèle avoir la même taille, les mêmes jambes longues, et, à observer le geste de salut, la paume droite levée, le sourire aimable et discret: il lui ressemble de façon impressionante.
C'est son frère.

Deux gouttes d'eau, a dit quelqu'un...

Les mêmes traits fermes à l'expression tendre, le même coup d'oeil pénétrant, jusqu'à la même voix.
La même vocation. Le même choix de vie.
L'ordination sacerdotale le même jour.
Je me souviens de ma réaction presque irritée quand j'appris que le Cardinal avait un frère, prêtre lui aussi.

Deux gracieux jeunes garçons à l'expression sérieuse, déjà en vêtement sacerdotaux, posent sur une vieille photo de famille.
La revoir aujourd'hui me plonge dans une profonde réflexion.
"Mon frère ne pense même pas à devenir pape", dit le prélat, interviewé dans le salon de sa maison, parlant allemand à la télévision, la télécommande à la main, quelques jours avant le début du conclave.
Ces derniers mots sont devenus célèbres!
Je savais que les faits lui donneraient tort.
Il y a quelque temps, j'ai écouté un extrait de musique sacrée, tiré d'un morceau composé par lui: c'était un splendide "Sanctus"!
Les deux frères partagent la même passion pour la musique, mais (dit-on...)aussi pour les strudels!

Ils ont toujours été très liés...
Cet été, ils auraient dû passer quelques semaines ensemble dans la résidence d'été de Castelgandolfo.. Il semblait même qu'il fût déjà attendu au Val d'Aoste.
L'idée me réconfortait. J'étais heureuse pour tous les deux.
En fait, il en advint autrement, et un soir, une nouvelle alarmante me fit tressaillir.
"Il a été hospitalisé, mais tu verras, tout ira bien !" - c'est ce que je continuai à me répéter pour surmonter l'angoisse. Le même soir, recroquevillée dans le silence de ma cuisine, je lui écrivis une lettre imaginaire. Cette nuit-là, je ne pus dormir plus d'une heure. J'avais de la peine pour tous les deux, et j'aurais voulu les serrer ensemble dans mes bras.
Nous le revîmes le jour suivant, dans son lit de l'hôpital Gemelli, le même, peut-être que celui déjà occupé par Wojtyla, avec le spraradrap du "goutte-à-goutte" encore au poignet. Le Pape était à son chevet.
Pensant à cette pile ("pacemaker") que l'on avait glissée sous sa peau, et qu'il a emmené avec lui à son retour à Ratisbone (Regensburg), j'avais envie de dire: “ souvenir d’Italie! “ (en français dans le texte).
Avec une gratitude pleine d'émotion, je pense à leur maman, Maria.
Avec Georg, à présent, nous pouvons tous partager un frère!

Gabiella Josephine, Trieste, 8 décembre 2005





Ce sont des sentiments presque identiques qui m'avaient inspirés ce "collage", déjà mis en ligne en octobre dernier, et un peu modifié à la lecture du récit de Joséphine.
On pourra revoir le bouleversant témoignage de Georg Ratzinger parlant de son frère sur la chaîne KTO:
Georg Ratzinger raconte Benoît XVI


[Modificato da beatrice.France 18/12/2005 16.38]

beatrice.France
00Friday, December 30, 2005 5:37 PM
L'Audience de Ratzigirl
Ratzigirl, notre bonne fée, a assisté à l'audience du 28 avril et nous en fait le récit avec humour et vivacité. On comprend à la fois son enthousiasme (Vive Papa Sole!!), et sa déception, pour la brièveté d'un moment si intense, et dont on attend tellement. (il m'est arrivé la même chose en pire le jour de la messe solennelle pour la fête de SS Pierre & Paul, le 29 juin: je n'avais pas de billet, et je n'ai pu le voir que dehors, sur les écrans géants!)


Mon audience (28 décembre 2005)

UN MERVEILLEUX CADEAU DE NOËL!


Départ à 3h40 du matin.
J'ai terriblement sommeil, mais aussi tellement envie de rentrer à la maison, au moins pour quelques jours. Nous montons en voiture, et en route vers Rome. C'est étrange, à présent que je reprends l'autoroute après tout ce temps, ce paysage hivernal noyé dans la nuit trouée de quelques rares lumières d'usines acquiert une fascination particulière... tout doucement, bercée par le bruit étouffé du moteur et la complicité du confort ambiant, je m'étends sur le siège arrière et je finis par sombrer dans le sommeil.

J'ai dormi presque jusqu'à 6h, et lorsque j'ai rouvert les yeux, nous avions presque atteint le Latium. J'ai reconnu ces grandes étendues tantôt arides, tantôt luxuriantes, les plantations de vigne, et puis le Tibre qui nous accompagnait de temps à autre le long de l'autoroute. Et je me disais "Quelle merveille!!, pourquoi ne l'ai-je jamais vu avec ces yeux?"

Vers 7h, nous étions à Rome, sur le périphérique.
Un peu de circulation, mais pas trop, nous a permis d'être à 7h20 pratiquement Via Gregorio VII, derrière le Borgo Pio. Quelques minutes pour déposer les valises à la maison, dire bonjour à mon gros minou, et foncer vers la crèche devant la Place Saint-Pierre, où j'avais rendez-vous avec la paroisse de Tavola qui m'avait assuré que j'aurais une super place à l'audience.

Arrivée sur place, tout le monde est déjà là. Le prêtre nous dit "Allons-y". Et nous nous dirigeons vers le secteur de gauche. Moi, je me dis "Zut! Mais c'est ce qu'avait dit Monica!".
Seulement ces gens étaient mal informés, ils se sont placés au hasard, vers le centre, et se sont assis là, tandis que je jetais un coup d'oeil sur la barrière de protection de devant -la plus proche du Pape, vers la Basilique - mais tout était déjà plein de ce côté, alors je me suis tounée vers la barrière latérale, celle du milieu où d'habitude la voiture passe en dernier, et là, il y avait deux religieuses. Je m'approche, et l'une d'elles me dit "Mais où voulez-vous aller?" "Je voudrais rester ici, puisqu'il y a de la place.." . La soeur me regarde et me dit "eh non! Ici, c'est notre place!", sur quoi je me détourne, un peu abasourdie de les entendre dire "Mais qu'est-ce qu'elle croit, c'est notre place!".
Un peu étonnée du comportement de ces singulières religieuses, je cours vers l'autre barrière (celle du fond, vers l'obélisque), et là, je trouve des gens vraiment gentils qui m'ont aidée à récupérer une chaise et à la fixer à la barrière pour mieux voir le Pape

J'étais assez loin du parvis (vraiment loin), pourtant, c'était l'unique place vraiment accueillante que j'aie pu trouver. Les gens proches de la barrière deviennent vraiment très agressifs.

Ayant enfin trouvé une place, j'ai pensé "A présent, plus personne ne viendra s'interposer entre moi et Ratzi"..., et voilà qu'arrive un carabiniere (très, très beau), qui me dit en parfait dialecte romain "Je regrette, mais vous devez descendre -de cette chaise- ". Sur quoi, je le regarde, et je lui fais "Ecoute, si je suis debout sur la chaise, je suis aussi grande que toi, donc, si tu me trouves trop grande, tu n'as qu'à te baisser toi aussi!". Alors, il a souri, et s'est éloigné...

Vers 10h, un vent glacial se lève, les fenêtres du palais apostolique sont encore illuminées, à la fois la chambre de Ratzi et son bureau... et je pense: "tu vas voir qu'il va se mettre à pleuvoir"... c'était la préoccupation de beaucoup, les nuages couraient aussi vite que le vent, et les gros nuages noirs en direction de la mer ne présageaient rien de bon.
De temps en temps, je jetais un coup d'oeil au palais apostolique, les lumières toujours allumées, et Ratzi ne sortait pas... vers 10h20, les lumières se sont éteintes, puis, avant la liaison video, est arrivé le "présentateur" qui nous a un peu expliqué le psaume d'hier, et après l'annonce dans les différentes langues, voilà que de la Basilique sortent les gardes suisses.

INCROYABLE MAIS VRAI: LE CIEL A COMMENCE A S'ECLAIRCIR!!!
Ratzi sort vers 10h25, un brouhaha indescriptible, les voix s'entrecroisent dans toute la place, certains chantent en espagnol, on leur répond en anglais, et, près des colonnades cela se poursuit avec les chants en polonnais... le monde entier dans le plus petit état du monde...
Je vois Ratzi sur les écrans géants, car depuis qu'il est arrivé sur la place, tout le monde est grimpé sur les chaises, je ne parviens pas à le voir en vrai, le seul moyen est ces écrans géants.
A un certain moment, je vois un grand déploiement de banderoles à cöté de moi, et... le voici!
J'avais le camescope tout prêt pour filmer Ratzi, mais on le voit juste un très bref instant, juste le temps que je prenne la décision de cesser de filmer pour me consacrer uniquement à Ratzi, avec tout mon être. Tandis qu'il s'approchait (et cela, dans la video restée en activité, on l'entend), je criai "Benedetto!!!! Sono qui!!!!"
Mais j'étais encore trop loin, et il s'est encore rapproché, et je suis restée un instant pétrifiée par la beauté. Assurément, il est grand, un homme de stature moyenne, mais là, sur la papamobile avec cet énorme manteau rouge, et le camauro sur la tête, il m'a semblé terriblement petit... une petite chose adorable à cajoler (un cucciolo infinitamente coccoloso), je ne sais pas comment expliquer... l'envie de me jeter sur la papamobile pour l'embrasser était énorme!
Voler dans la papamobile, et le serrer dans mes bras... Pourtant, ce sont des instants très brefs, où tout te passe par la tête... lui est sur le point de me regarder, puis de façon inattendue il se tourne de l'autre côté, et tandis qu'il est tout près de moi, je crie "Tourrrrrrrrrrrrne toi, regarrrrrrrrrrrrrrrrrde moi!!!!!", et lui, comme tiré par un fil, tourne la tête et me regarde. Je vous jure, cela a duré une seconde, j'ai vue ses grands yeux bleu flamme -je dis flamme, car je me souviens que Gloria avait dit que ses yeux s'allumaient comme la couleur bleue d'une flamme)

Il m'a regardée, j'ai l'ai regardé un instant, avec mon chapeau pareil au sien, il a courbé un instant les coins de sa bouche, a fait un signe de bénédiction avec la main... et c'est tout.

Je ne savais que ressentir, tritesse ou joie. A coup sûr, j'ai encore le regret d'avoir eu trop peu de temps pour exprimer à une personne l'affection qu'on lui porte au fond de son coeur. Je sais qu'on ne peut disposer que de cela pour voir le Pape, mais permettez que je dise que dix secondes partagées entre trente personnes autour de vous, et qui crient, ce n'est vraiment rien!!!

Bon, à part mes délires de fan pressée dans la cohue, ce fut la plus belle expérience que je puisse m'offrir pour Noël. Mon père a pris des photos depuis l'endroit où il était, et j'espère que lui au moins aura fait quelque chose de bien.

Je n'oublierai jamais ces grands yeux que j'ai vus, la voix, je l'avais déjà entendue lors de l'élection, l'intronisation, les Angelus, mais je ne l'avais jamais vu d'aussi près depuis qu'il est Pape, et surtout, avec les yeux de quelqu'un qui aime le Christ.
A présent, je me sens rachetée de ce jour à Saint-Pierre, quand je lui dis, en passant, qu'il était "laid"! J'ai passé une nuit blanche pour le voir seulement 10 secondes, à présent, je pense que lui aussi, s'il savait, il m'aurait pardonné... au fond, je ne devrais pas être étonnée que les choses se soient passées ainsi, au fond, pour l'aimer, il m'a suffit d'une seconde, en le voyant sur le balcon.

L'Audience a duré une demi-heure, avec sa splendide cathéchèse, et les salutations aux personnes convenues, qui, je suis d'accord avec Monica, sont la partie la plus belle, que la télé ne montre pas. C'est justement pendant ces salutations qu'on lui voit ces expressions "facciose" qui nous plaisent tant!!! (celles-là, j'ai réussi à les capter grâce au camescope, même si ma main tremblait un peu de froid et d'émotion!).

Quand il a nommé mon groupe, "Santa Maddalena in Tavola", la télé a filmé le groupe où se trouvaient mes parents, mais pas moi, qui étais aggripée aux barrières avec mon "camaurino" à la main (en réalité, le mien est un bonnet de père Noël!)

Une fois l'Audience terminée, après avoir salué les cardinaux, les malades, les nouveaux mariés, etc., Ratzi a repris la papamobile, mais il n'a pas fait le même tour qu'à l'arrivée, il a fait un tour plus bref, très très loin de moi, c'est pourquoi j'ai seulement entendu les cris des plus chanceux, près de la Porte Sainte-Anne.

Ruminant les évènements, je m'en suis retournée à la maison pour manger (j'étais vraiment contrariée!) Je ne suis pas restée longtemps, parce qu'il y a des maçons qui font des travaux, et puis est arrivé mon cousin, qui devait organiser les choses pour le jour de l'An (nous lui avons prêté la maison pour quelques jours pour faire la fête avec des amis, les miens iront à Castelgandolfo, et moi, je vais à l'hôtel avec des amies de Florence).
J'ai mangé un morceau, et puis à 3h, je suis retournée à Saint-Pierre pour une visite à la tombe de Jean-Paul II (ce soir, dès que possible, je vous poste les photos), et celle de Papa Luciani; j'ai rencontré le Cardinal Re, qui devait célébrer la messe pour les défunts, c'est pourquoi peu après que je sois entrée, ils ont fermé l'accès aux tombes, on ne pouvait plus entrer. Tout à coup, il m'est venu un doute: étant donné que les chaises que j'avais vu disposées à Saint-Pierre étaient vraiment en très petit nombre, il m'est venu le doute que, peut-être, des billets seraient nécessaires pour participer à la messe du 6 janvier présidée par le Pape... et en fait, je me dirige vers un employé qui se trouvait devant la sépulture de Jean XXIII, et je lui demande s'il faudra des billets, et lui me répond très aimablement "oui, certes, adressez vous à la Préfecture Pontificale, et si vous n'en trouvez pas, nous chercherons une autre solution".
Je sors promptement de la Basilique, (sans courir, pourtant!!!), et je me précipite vers la préfecture (sortie de la Basilique, je ne courais plus, je volais!!!), et je vois un garde suisse, lequel, à peine me trouvé-je devant lui, me fait le salut militaire...

Un peu troublée par ce ... ehm... disons, beau garçon en grand uniforme, je lui demande s'il est encore possible d'avoir des billets pour le 6 janvier. Je lui dis "Ecoutez, je dois absolument avoir un billet pour cette messe!!!". Celui-là a dû un peu me prendre pour une folle. Il me regarde, et me dit: "Si j'ai bien compris, vous voulez un billet", et il sourit... et moi "Oui!!!!". Quelle joie, de serrer entre ses doigts le billet bleu qui me fournira une autre occasion de le voir de très près!!!! Ohhhhh!!!
Mes amis, que je suis impatiente!!!!. Le garde m'a dit qu'ils ouvrent les portes à 8h, mais je décide d'être là bien avant, au moins à 7h30, puisque je serai, comme je vous l'ai dit, à l'hôtel, pour ne pas laisser mes amies seules. Je les ai déjà prévenues, si elles veulent venir, elles se lèvent comme moi à 6h45, si elles ne veulent pas venir, elles restent au lit et nous nous retrouvons après la messe, je suis désolée, mais c'est une occasion presque unique! Même si, à présent que je sais comment faire, je commence une nouvelle collection, je vais collectionner les billets d'entrée à Saint-Pierre!!!
J'ai fait plein d'achats, 5 photos du Pape en grand format, une carte avec un extrait de l'homélie du 24 avril 2005, un chapelet béni par le Pape, le calendrier 2006 de Benoît XVI!!!! Quelle merveille!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mes amis, ceci est le plus beau cadeau de Noël que j'aie jamais reçu!!!!!!!!!!!

Ah, j'ai oublié un petit détail: dans la video, on m'entend dire "Quand IL arrive, arrive aussi le soleil", c'est vrai, pendant tout le temps que j'ai vu Ratzi, il n'a pas plu, il y a eu du soleil pendant toute l'audience!

C'est incroyable, mais c'est vrai!!!
Vive le Pape Soleil (Papa Sole) !!!!

beatrice.France
00Friday, December 30, 2005 5:37 PM
L'Audience de Ratzigirl
Ratzigirl, notre bonne fée, a assisté à l'audience du 28 décembre et nous en fait le récit avec humour et vivacité. On comprend à la fois son enthousiasme (Vive Papa Sole!!), et sa déception, pour la brièveté d'un moment si intense, et dont on attend tellement. (il m'est arrivé la même chose en pire le jour de la messe solennelle pour la fête de SS Pierre & Paul, le 29 juin: je n'avais pas de billet, et je n'ai pu le voir que dehors, sur les écrans géants!)

Mon audience (28 décembre 2005)

UN MERVEILLEUX CADEAU DE NOËL!


Départ à 3h40 du matin.
J'ai terriblement sommeil, mais aussi tellement envie de rentrer à la maison, au moins pour quelques jours. Nous montons en voiture, et en route vers Rome. C'est étrange, à présent que je reprends l'autoroute après tout ce temps, ce paysage hivernal noyé dans la nuit trouée de quelques rares lumières d'usines acquiert une fascination particulière... tout doucement, bercée par le bruit étouffé du moteur et la complicité du confort ambiant, je m'étends sur le siège arrière et je finis par sombrer dans le sommeil.

J'ai dormi presque jusqu'à 6h, et lorsque j'ai rouvert les yeux, nous avions presque atteint le Latium. J'ai reconnu ces grandes étendues tantôt arides, tantôt luxuriantes, les plantations de vigne, et puis le Tibre qui nous accompagnait de temps à autre le long de l'autoroute. Et je me disais "Quelle merveille!!, pourquoi ne l'ai-je jamais vu avec ces yeux?"

Vers 7h, nous étions à Rome, sur le périphérique.
Un peu de circulation, mais pas trop, nous a permis d'être à 7h20 pratiquement Via Gregorio VII, derrière le Borgo Pio. Quelques minutes pour déposer les valises à la maison, dire bonjour à mon gros minou, et foncer vers la crèche devant la Place Saint-Pierre, où j'avais rendez-vous avec la paroisse de Tavola qui m'avait assuré que j'aurais une super place à l'audience.

Arrivée sur place, tout le monde est déjà là. Le prêtre nous dit "Allons-y". Et nous nous dirigeons vers le secteur de gauche. Moi, je me dis "Zut! Mais c'est ce qu'avait dit Monica!".
Seulement ces gens étaient mal informés, ils se sont placés au hasard, vers le centre, et se sont assis là, tandis que je jetais un coup d'oeil sur la barrière de protection de devant -la plus proche du Pape, vers la Basilique - mais tout était déjà plein de ce côté, alors je me suis tounée vers la barrière latérale, celle du milieu où d'habitude la voiture passe en dernier, et là, il y avait deux religieuses. Je m'approche, et l'une d'elles me dit "Mais où voulez-vous aller?" "Je voudrais rester ici, puisqu'il y a de la place.." . La soeur me regarde et me dit "eh non! Ici, c'est notre place!", sur quoi je me détourne, un peu abasourdie de les entendre dire "Mais qu'est-ce qu'elle croit, c'est notre place!".
Un peu étonnée du comportement de ces singulières religieuses, je cours vers l'autre barrière (celle du fond, vers l'obélisque), et là, je trouve des gens vraiment gentils qui m'ont aidée à récupérer une chaise et à la fixer à la barrière pour mieux voir le Pape

J'étais assez loin du parvis (vraiment loin), pourtant, c'était l'unique place vraiment accueillante que j'aie pu trouver. Les gens proches de la barrière deviennent vraiment très agressifs.

Ayant enfin trouvé une place, j'ai pensé "A présent, plus personne ne viendra s'interposer entre moi et Ratzi"..., et voilà qu'arrive un carabiniere (très, très beau), qui me dit en parfait dialecte romain "Je regrette, mais vous devez descendre -de cette chaise- ". Sur quoi, je le regarde, et je lui fais "Ecoute, si je suis debout sur la chaise, je suis aussi grande que toi, donc, si tu me trouves trop grande, tu n'as qu'à te baisser toi aussi!". Alors, il a souri, et s'est éloigné...

Vers 10h, un vent glacial se lève, les fenêtres du palais apostolique sont encore illuminées, à la fois la chambre de Ratzi et son bureau... et je pense: "tu vas voir qu'il va se mettre à pleuvoir"... c'était la préoccupation de beaucoup, les nuages couraient aussi vite que le vent, et les gros nuages noirs en direction de la mer ne présageaient rien de bon.
De temps en temps, je jetais un coup d'oeil au palais apostolique, les lumières toujours allumées, et Ratzi ne sortait pas... vers 10h20, les lumières se sont éteintes, puis, avant la liaison video, est arrivé le "présentateur" qui nous a un peu expliqué le psaume d'hier, et après l'annonce dans les différentes langues, voilà que de la Basilique sortent les gardes suisses.

INCROYABLE MAIS VRAI: LE CIEL A COMMENCE A S'ECLAIRCIR!!!
Ratzi sort vers 10h25, un brouhaha indescriptible, les voix s'entrecroisent dans toute la place, certains chantent en espagnol, on leur répond en anglais, et, près des colonnades cela se poursuit avec les chants en polonnais... le monde entier dans le plus petit état du monde...
Je vois Ratzi sur les écrans géants, car depuis qu'il est arrivé sur la place, tout le monde est grimpé sur les chaises, je ne parviens pas à le voir en vrai, le seul moyen est ces écrans géants.
A un certain moment, je vois un grand déploiement de banderoles à cöté de moi, et... le voici!
J'avais le camescope tout prêt pour filmer Ratzi, mais on le voit juste un très bref instant, juste le temps que je prenne la décision de cesser de filmer pour me consacrer uniquement à Ratzi, avec tout mon être. Tandis qu'il s'approchait (et cela, dans la video restée en activité, on l'entend), je criai "Benedetto!!!! Sono qui!!!!"
Mais j'étais encore trop loin, et il s'est encore rapproché, et je suis restée un instant pétrifiée par la beauté. Assurément, il est grand, un homme de stature moyenne, mais là, sur la papamobile avec cet énorme manteau rouge, et le camauro sur la tête, il m'a semblé terriblement petit... une petite chose adorable à cajoler (un cucciolo infinitamente coccoloso), je ne sais pas comment expliquer... l'envie de me jeter sur la papamobile pour l'embrasser était énorme!
Voler dans la papamobile, et le serrer dans mes bras... Pourtant, ce sont des instants très brefs, où tout te passe par la tête... lui est sur le point de me regarder, puis de façon inattendue il se tourne de l'autre côté, et tandis qu'il est tout près de moi, je crie "Tourrrrrrrrrrrrne toi, regarrrrrrrrrrrrrrrrrde moi!!!!!", et lui, comme tiré par un fil, tourne la tête et me regarde. Je vous jure, cela a duré une seconde, j'ai vue ses grands yeux bleu flamme -je dis flamme, car je me souviens que Gloria avait dit que ses yeux s'allumaient comme la couleur bleue d'une flamme)

Il m'a regardée, j'ai l'ai regardé un instant, avec mon chapeau pareil au sien, il a courbé un instant les coins de sa bouche, a fait un signe de bénédiction avec la main... et c'est tout.

Je ne savais que ressentir, tritesse ou joie. A coup sûr, j'ai encore le regret d'avoir eu trop peu de temps pour exprimer à une personne l'affection qu'on lui porte au fond de son coeur. Je sais qu'on ne peut disposer que de cela pour voir le Pape, mais permettez que je dise que dix secondes partagées entre trente personnes autour de vous, et qui crient, ce n'est vraiment rien!!!

Bon, à part mes délires de fan pressée dans la cohue, ce fut la plus belle expérience que je puisse m'offrir pour Noël. Mon père a pris des photos depuis l'endroit où il était, et j'espère que lui au moins aura fait quelque chose de bien.

Je n'oublierai jamais ces grands yeux que j'ai vus, la voix, je l'avais déjà entendue lors de l'élection, l'intronisation, les Angelus, mais je ne l'avais jamais vu d'aussi près depuis qu'il est Pape, et surtout, avec les yeux de quelqu'un qui aime le Christ.
A présent, je me sens rachetée de ce jour à Saint-Pierre, quand je lui dis, en passant, qu'il était "laid"! J'ai passé une nuit blanche pour le voir seulement 10 secondes, à présent, je pense que lui aussi, s'il savait, il m'aurait pardonné... au fond, je ne devrais pas être étonnée que les choses se soient passées ainsi, au fond, pour l'aimer, il m'a suffit d'une seconde, en le voyant sur le balcon.

L'Audience a duré une demi-heure, avec sa splendide cathéchèse, et les salutations aux personnes convenues, qui, je suis d'accord avec Monica, sont la partie la plus belle, que la télé ne montre pas. C'est justement pendant ces salutations qu'on lui voit ces expressions "facciose" qui nous plaisent tant!!! (celles-là, j'ai réussi à les capter grâce au camescope, même si ma main tremblait un peu de froid et d'émotion!).

Quand il a nommé mon groupe, "Santa Maddalena in Tavola", la télé a filmé le groupe où se trouvaient mes parents, mais pas moi, qui étais aggripée aux barrières avec mon "camaurino" à la main (en réalité, le mien est un bonnet de père Noël!)

Une fois l'Audience terminée, après avoir salué les cardinaux, les malades, les nouveaux mariés, etc., Ratzi a repris la papamobile, mais il n'a pas fait le même tour qu'à l'arrivée, il a fait un tour plus bref, très très loin de moi, c'est pourquoi j'ai seulement entendu les cris des plus chanceux, près de la Porte Sainte-Anne.

Ruminant les évènements, je m'en suis retournée à la maison pour manger (j'étais vraiment contrariée!) Je ne suis pas restée longtemps, parce qu'il y a des maçons qui font des travaux, et puis est arrivé mon cousin, qui devait organiser les choses pour le jour de l'An (nous lui avons prêté la maison pour quelques jours pour faire la fête avec des amis, les miens iront à Castelgandolfo, et moi, je vais à l'hôtel avec des amies de Florence).
J'ai mangé un morceau, et puis à 3h, je suis retournée à Saint-Pierre pour une visite à la tombe de Jean-Paul II (ce soir, dès que possible, je vous poste les photos), et celle de Papa Luciani; j'ai rencontré le Cardinal Re, qui devait célébrer la messe pour les défunts, c'est pourquoi peu après que je sois entrée, ils ont fermé l'accès aux tombes, on ne pouvait plus entrer. Tout à coup, il m'est venu un doute: étant donné que les chaises que j'avais vu disposées à Saint-Pierre étaient vraiment en très petit nombre, il m'est venu le doute que, peut-être, des billets seraient nécessaires pour participer à la messe du 6 janvier présidée par le Pape... et en fait, je me dirige vers un employé qui se trouvait devant la sépulture de Jean XXIII, et je lui demande s'il faudra des billets, et lui me répond très aimablement "oui, certes, adressez vous à la Préfecture Pontificale, et si vous n'en trouvez pas, nous chercherons une autre solution".
Je sors promptement de la Basilique, (sans courir, pourtant!!!), et je me précipite vers la préfecture (sortie de la Basilique, je ne courais plus, je volais!!!), et je vois un garde suisse, lequel, à peine me trouvé-je devant lui, me fait le salut militaire...

Un peu troublée par ce ... ehm... disons, beau garçon en grand uniforme, je lui demande s'il est encore possible d'avoir des billets pour le 6 janvier. Je lui dis "Ecoutez, je dois absolument avoir un billet pour cette messe!!!". Celui-là a dû un peu me prendre pour une folle. Il me regarde, et me dit: "Si j'ai bien compris, vous voulez un billet", et il sourit... et moi "Oui!!!!". Quelle joie, de serrer entre ses doigts le billet bleu qui me fournira une autre occasion de le voir de très près!!!! Ohhhhh!!!
Mes amis, que je suis impatiente!!!!. Le garde m'a dit qu'ils ouvrent les portes à 8h, mais je décide d'être là bien avant, au moins à 7h30, puisque je serai, comme je vous l'ai dit, à l'hôtel, pour ne pas laisser mes amies seules. Je les ai déjà prévenues, si elles veulent venir, elles se lèvent comme moi à 6h45, si elles ne veulent pas venir, elles restent au lit et nous nous retrouvons après la messe, je suis désolée, mais c'est une occasion presque unique! Même si, à présent que je sais comment faire, je commence une nouvelle collection, je vais collectionner les billets d'entrée à Saint-Pierre!!!
J'ai fait plein d'achats, 5 photos du Pape en grand format, une carte avec un extrait de l'homélie du 24 avril 2005, un chapelet béni par le Pape, le calendrier 2006 de Benoît XVI!!!! Quelle merveille!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Les filles, ceci est le plus beau cadeau de Noël que j'aie jamais reçu!!!!!!!!!!!

Ah, j'ai oublié un petit détail: dans la video, on m'entend dire "Quand IL arrive, arrive aussi le soleil", c'est vrai, pendant tout le temps que j'ai vu Ratzi, il n'a pas plu, il y a eu du soleil pendant toute l'audience!

C'est incroyable, mais c'est vrai!!!
Vive le Pape Soleil (Papa Sole) !!!!

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sylvie.france
00Saturday, December 31, 2005 3:32 AM
Messe d’action de grâce pour le pape Benoît XVI (homélie)
Témoignage un peu particulier, qui m'a fait pleurer.
Douceur, bonté, intelligence ...
à lire sans attendre, comme un conte de Noël

encore sur ce site merveilleux :
eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=benoit_XVI_1

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« Vous êtes le doux Christ en terre » : Homélie du card. Danneels

Messe d’action de grâce pour le pape Benoît XVI


« Vous êtes le doux Christ en terre » :

le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a cité cette expression de sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Eglise et co-patronne de l’Europe, lors de son homélie pour la messe d’action de grâce pour l’élection du pape Benoît XVI, à Bruxelles, le 30 avril dernier.

Il y évoque le conclave auquel il a lui-même participé.

Homélie de la messe d’actionde grâce pour SS le pape Benoît XVI - Bruxelles, cathédrale Saints Michel et Gudule – 30 avril 2005
beatrice.France
00Wednesday, January 4, 2006 4:49 PM
Récit d'Ulisse Santini, le peintre "officiel"
Merci à Teresa, qui a traduit en anglais un témoignage du peintre Ulisse Santini, paru dans l'hebdomadaire "CHI", obligeamment scanné par Ratzi-Lella. Ne disposant pas de la version originale italienne, j'ai essayé de traduire la traduction!!



Un portrait pour le Pape qui sourit
Roberto Allegri

"Je n'aurais jamais pensé être émotionnellement si remué en rencontrant Benoît XVI", dit le peintre Ulisse Santini.

"En 1992, j'avais rencontré Jean-Paul II lors d'une audience privée, pour lui présenter un portrait que j'avais fait de lui. C'est une rencontre qui me transporta littéralement.
Je ne pensais pas rencontrer un jour quelqu'un qui ait un tel charisme. mais je me trompais.
Benoît XVI est incroyablement fascinant -d'une manière très différente de Papa Wojtyla-, mais également forte et extraordinaire."


Les mains et la voix de Santini tremblent, tandis qu'il s'exprime. Il sourit, quand il s'en rend compte.
"Benoît est gentil, ouvert, souriant. Lui parler, c'est comme parler à un ange."

Dans un précédent numéro, ce journal a montré une avant-première exclusive d'une peinture commandée par le Vatican. Une peinture destinée à être reproduite sous forme de mosaïque par des spécialistes, à Saint-Pierre, pour rejoindre la célèbre collection de portraits de papes qui orne la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome.

Il a rejoint sa destination, à présent, mais auparavant, il a été présenté au Pape en même temps que l'artiste.

-Quelle impression avez-vous eue de Papa Ratzinger?
-Il a une personnalité qui évoque le soleil, quelqu'un qui sourit tout le temps. Quand il vous regarde, vous avez l'impression qu'il vous connaît en profondeur, même s'il ne vous a jamais vu avant. Il est lumineux. Quand il marche, il donne l'impression d'une lumière qui se déplace. Peut-être parce qu'il réalise qu'il est le vicaire du Christ sur la terre. Mais aussi parce qu'il émane de lui une irrésistible humanité. Quand je l'ai rencontré, j'ai ressenti le désir de l'embrasser avec une grande affection. "
-Que vous a-t'il dit?
-Il m'a fait beaucoup de compliment au sujet de la peinture. Il m'a remercié, me disant combien elle lui plaisait, tandis qu'il tenait ma main entre les siennes. Il a examiné à la fois la peinture et la mosaïque avec beaucoup d'attention, et il semblait vraiment satisfait et heureux.
-Comment s'est déroulée l'entrevue?
-Ce jour-là, il était prévu que cela se passerait à Saint-Paul-hors-les-murs. [...]
Quand le Pape arriva, tout le monde applaudit, et la peinture, ainsi que la mosaïque furent dévoilées devant lui.
-Avez-vous une idée du trait qui, dans la peinture, a davantage plu au Pape?
-Je crois que ce sont les yeux. J'ai pris soin de focaliser l'attention sur le regard de ses yeux, et je crois avoir été capable de capter une expression qu'il a semblé apprécier.
-Avez-vous rencontré des difficultés, en le peignant?
-J'ai eu du mal, car je disposais de très peu de temps. La commande remonte au mois de juillet, et on m'a dit que le travail devait être fini en octobre, afin que les spécialistes en mosaïques disposent d'au moins un mois pour le reproduire. Comme c'était en portrait en buste moyen, je devais me concentrer sur le visage, et le regard de ses yeux. J'ai eu aussi quelques problèmes avec la bouche. On m'avait dit que le portrait devait être 'sérieux', mais toutes les photos fournies par le Vatican pour mon travail le montraient souriant....
De plus, il y avait certaines règles imposées pour le portrait, ce n'était donc pas comme si je pouvais peindre ce que je voulais. Il devait plus ou moins ressembler aux autres portraits déjà exposés, le Pape devait regarder vers la droite, vers l'autel, et mêmes ses vêtements devaient avoir un certain drapé...


C'est un beau témoignage. J'ai déjà lu à plusieurs endroits le récit de gens qui, en voyant notre Pape, ont dit avoir ressenti l'envie de l'embrasser

[Modificato da beatrice.France 05/01/2006 7.48]

sylvie.france
00Thursday, January 5, 2006 7:09 PM
par le Père Jean-François THOMAS
http://www.france-catholique.fr/archi/articles/article2005ben7.html
Article paru dans France Catholique n°2975 - 6 mai 2005

BENOIT XVI BETE DE SOMME


par le Père Jean-François THOMAS, s.j.

Comme le cardinal Josef Ratzinger le raconte, en conclusion de son ouvrage “Ma Vie, Souvenirs ( 1927-1977)" (1), parmi les symboles de ses armoiries épiscopales, figure l’ours que l’évêque saint Corbinien força à porter la charge de son cheval, que la bête avait tué, jusqu’à Rome.

Le cardinal théologien explique alors, dans son attachement à saint Augustin, comment ce dernier se considérait comme un "iumentum", une bête de somme, ployant sous la charge épiscopale. Comme le célèbre Père de l’Eglise, et comme l’ours de saint Corbinien, le cardinal allemand se considère comme le mulet chargé du joug de Dieu, près de son Maître, et ceci pour toujours.

Il terminait en ignorant non seulement quand il obtiendrait son congé de la Ville éternelle, mais que, jusqu’à la fin de sa mission, il resterait la bête de somme du Seigneur.

Le Saint-Esprit et le collège des cardinaux, en le conduisant sur la chaire de saint Pierre, le confirme dans cette tâche de portefaix.

L’humble génie du cardinal Ratzinger, sa persévérance à porter des poids que ses plus acharnés critiques auraient bien du mal à soulever même à plusieurs, continueront à habiter le pape Benoît XVI.

Les attaques mesquines et injurieuses dont il est sans cesse l’objet, au sein même d’une partie du clergé, des "intellectuels" et de la presse catholique, n’ébranleront point ce roc institué par le Christ.
Comme cela fut aussi le cas durant le pontificat du pape Jean-Paul II, les essais, manipulateurs ou naïfs, de classer le Souverain Pontife, l’ancien et le nouveau, dans le parti des conservateurs rigides (l’adjectif suivant nécessairement le substantif), risquent bien d’être aussi vides que des bulles de savon éclatant au soleil de la vérité.

Vouloir expliquer le parcours de la "Bête de somme", du progressisme de l’époque conciliaire à une attitude réactionnaire de plus en plus marquée à partir des années soixante-dix, serait vain.

Le même reproche avait atteint d’autres théologiens éminents, comme les cardinaux Henri de Lubac et Hans Urs von Balthasar. Les revirements ne sont pas le pain quotidien d’esprits aussi éminents.
Il serait plus fructueux de déceler en quoi la continuité, éclairée en permanence par de nouveaux acquis et par une connaissance de plus en plus approfondie de l’héritage du passé, est en fait la lame de fond.

Ceci transparaît constamment dans les divers écrits du cardinal Ratzinger, d’abord comme théologien professeur, puis comme archevêque, et puis enfin comme préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi.

Une preuve, parmi beaucoup d’autres, en est le chapitre sur le bilan de l’époque post Vatican II dans l’ouvrage "Les Principes de la Théologie Catholique.
Esquisses et Matériaux". (2) Seule une vue macroscopique de l’Histoire peut conduire à une analyse objective des résultats d’un concile.
En attendant, la vision microscopique, lorsque l’événement est encore trop proche de nous, est seule possible.

Et le Cardinal de citer, par exemple, la réaction de saint Grégoire de Nazianze appelé par l’empereur à participer à une seconde session du Concile de Constantinople en 382 : " Pour dire la vérité, je considère qu’on devrait fuir toute assemblée d’évêques, car je n’ai jamais vu aucun Concile avoir une issue heureuse ni mettre fin aux maux", ou encore saint Basile de Césarée, ami du précédent, parlant de façon encore plus sévère du " vacarme indistinct et confus", et de la "clameur ininterrompue qui remplissait toute l’église" lors du même Concile.
Et à y regarder de près, le constat est valable pour tous les conciles sans exception.
Ce qui importe est le bilan dans une vision large et distante, bilan qui subsiste malgré les manifestations inévitables de crise, mais bilan qui n’est rendu possible que par l’analyse critique et sans complaisance des "facteurs négatifs incontestables très graves et dans une grande mesure inquiétants". Celui qui essaie de mettre à plat de telles conclusions "est vite taxé de pessimisme et exclu par là du dialogue.
Mais il s’agit ici tout simplement de faits empiriques, et se trouver dans la nécessité de le nier dénote déjà non plus un simple pessimisme mais un désepoir secret."

A chaque fois qu’il aborde un problème théologique dans la crise contemporaine, le cardinal Ratzinger l’éclaire par l’histoire passée, analyse les causes de l’évolution et propose toujours une vraie réponse à apporter dans la lumière de la Tradition.
Lorsque par exemple il souligne que sur le Concile Vatican II "a soufflé quelque chose de l’ère-Kennedy, quelque chose de l’optimisme naïf du concept de la grande société", ce n’est point pour le rejeter mais pour en purifier l’application.
Ce qui est lumière ne peut être approché et appréhendé que par la vision macroscopique :
"Il est nécessaire, écrit-il, de redécouvrir la voie de lumière qu’est l’histoire des saints, l’histoire de cette réalité magnifique où s’est exprimée victorieusement au long des siècles la joie de l’Evangile".

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait tellement souligné la présence des saints dans l’homélie de la Messe de son intronisation, invitant ainsi à une foi non pas triomphaliste mais rayonnante et courageuse, bien loin des peureux et lâches repliements que certains attribuent à tort au Concile Vatican II.
Aussi refuse-t-il les enthousiasmes simplificateurs qui trahissent la réalité en refusant de la regarder en face et qui font fi de l’histoire et de la Tradition.
Rien n’est donné a priori comme lumière sans effort de notre part.
Tout dépend "des hommes qui transforment la parole en vie". Nous ne sommes plus ici au sein d’une lutte de chapelles entre dits progressistes et conservateurs.

Ce qui importe est qu’il y ait des bêtes de somme fidèles, non récalcitrantes, qui se donnent totalement dans l’humble tâche, sans peur des coups et des mauvais traitements.

Benoît XVI a crié, dés le début de son pontificat sur la place Saint Pierre, que "l’Eglise est vivante". Il vaut la peine d’être à sa suite, un mulet, un ours, une bête de somme, pour maintenir cette vie, l’enrichir et la transmettre au monde en état de déréliction.


Jean-François Thomas S.J, Manille


(1) Fayard, 1998 p.142-144
(2) Téqui, 1982, p.410 et suivant

www.france-catholique.fr/archi/articles/article2005ben7.html
beatrice.France
00Monday, January 9, 2006 8:18 PM
Le témoignage de Sihaya
A lire ICI

Merci à Sihaya, qui a écrit ce texte sensationnel et si émouvant.
Toutes celles qui aiment notre Pape chéri (je parle au féminin, car les sentiments exprimés ne peuvent l'être que par une femme) doivent se reconnaître dans cette confession, c'est la meilleure des réponses aux esprits chagrins qui voient d'un mauvais oeil l'admiration pour la personne physique de Benoît; ceux-là prétendent hypocritement( dans le meilleur des cas...) que, plutôt que de nous abandonner à l'idolâtrie, nous ferions mieux de suivre ses enseignements. C'est justement ce que nous essayons de faire. Et la "porte" qui s'ouvre à nous pour y parvenir, c'est évidemment cette beauté, ces yeux transparents, ce visage si pur. Il est un TOUT, son physique -son enveloppe corporelle- , et son esprit -ce qu'il y a dedans, tout aussi beau... et nous sommes nous aussi des êtres humains, avec un coeur ET un cerveau, également réceptifs au message qu'il nous envoie.


La beauté

Aujourd'hui, je suis allée à la messe des frères capucins à Saint Agnello; lors de l'homélie, le moine a dit: "la beauté ne se réduit pas à une considération esthétique, la Beauté est vraiment beauté lorsqu'en elle se reflète la grâce de Dieu".
Ces paroles m'ont frappée, car j'étais entrée à l'église remplie de doutes, mais ces parolos ont aussi confirmé ce que je pensais.
Dans la beauté de Papa Benedetto que nous admirons, nous cueillons avant tout un reflet de la Foi, de la Spiritualité et de la Grâce. Cette dimension spirituelle est, je le répète, absolument essentielle quoique le ton de certaines discussions puisse évoquer une dimension plus "sensuelle" des émotions; mais cette dimension "sensuelle" ne peut être ressentie comme blasphématoire ou morbide que par ceux qui portent en eux une lourde charge de morbidité, de bigotterie, de "saleté" intérieure.

Il y a aussi la dimension plus ludique et joyeuse: "ciuffetto" (petite méche), "chioma candida" (chevelure de neige), "occhioni azzurri" (grands yeux bleus), "visino furbetto" (petit visage malicieux).... il suffit d'une pincée de joie et d'humour pour capter la juste valeur de ces commentaires, que seul un esprit obtus (le visage de l'anticléricalisme, - il suffit de voir les forum radicaux et anticléricaux - ou de la diffamation haineuse -voir les publications des éditions Kaos) (NDT: ce doit être comme Golias chez nous: http://www.kaosedizioni.com/) peut interpréter de façon erronée.
Ces commentaires expriment notre affection, notre sympathie, une approche tendrement féminine, qui, je le répète encore, ajoute une caresse mais ne retire rien à la dimension authentiquement chrétienne de notre amour pour le Saint-Père.
La caresse d'une maman peut-elle compromettre la valeur de ses principes éducatifs?

Beaucoup d'entre nous, avant cela athées irréductibles, ont retrouvé la joie du message du Christ grâce à Papa Benedetto; nos vies ont changé, elles ont retrouvé une dimension de Grâce, un sens, la vérité... c'est pourquoi nous ne sommes pas et ne pouvons pas être comparées aux fans des stars de la télévision.

A propos de sensualité... un "liseur" du forum nous a même accusé de "sexualité", se défoulant, et peut-être projetant sur nous quelque instinct mal vécu, peut-être pas accepté, chargé de sentiments morbides et de culpabilité devant la beauté physique qui, si elle est admirée , ne peut être vue que comme une source de péché -ce qu'elle n'était même pas au Moyen Age! : 'vous admirez la beauté physique du Pape, le corps physique est coupable, vous commettez donc un péché'.

A part quelques commentaires sporadiques un peu trop "explicites", promptement refrénés, même dans les élans les plus amoureusement passionnels, je ne vois là rien de "sexuel".
Peut-être de "sensuel", et alors???. Les Pères et Mères du désert, les mystiques taoïstes et hindous n'ont-ils pas parlé de la divinité avec des accents passionnés?
N'ont-ils pas vécu l'amour de Dieu comme un amour qui brûle l'âme et le corps? Mais cela ne signifie nullement sexualité comme celle qui sévit désormais dans tous les journaux et à la télévision, c'est seulement l'Eros dans sa dimension la plus sacrée.

A présent, je voudrais parler de mon expérience personnelle:
le 4 janvier dernier, le Seigneur m'a fait don de la joie immense de participer à l'Audience Générale, de pouvoir regarder le Saint-Père dans les yeux, de pouvoir serrer sa main.
Alors, je vous le dis, Papa Benedetto n'est pas BEAU.
Oui, vous avez bien lu: il n'est pas beau. Le beauté peut être si l'on veut un concept mathématique, de simples proportions esthétiques, comme celle que les grecs réalisaient à travers leur sculpture. Dans le sens de pure harmonie des formes, la beauté n'est que terrestre.
Ce que j'ai vu et perçu est d'une toute autre dimension: c'est difficile de trouver une définition pour ce que je cherche à exprimer, ce qui s'en rapproche le plus est SPLENDEUR.
La SPLENDEUR c'est la Beauté, la Lumière, la Grâce... La figure de Papa Benedetto, c'est incroyable à dire, dégage de la lumière, elle irradie, elle fait passer la lumière au travers de ses yeux si clairs. De son "aura" exceptionnelle.
Je vous souhaite de vivre une expérience semblable, si puissante, si marquante.
J'ai vécu ce qu'a écrit le peintre Ulisse Sartini " 'Papa Benedetto' est une lumière qui marche"



Voilà la réaction de Sylvie, à la lecture du texte de Sihaya. Elle a saisi l'essentiel. Et nous sommes au moins trois, ici, à ressentiir exactement la même chose.


... Oui, c'est ce que je disais :
il "dégage" , il rayonne, il émane de lui quelque chose que je ne peux pas décrire car ça se ressent, plus que ça se voit .
C'est bien beau, l'émission, mais il faut une réception.
Si la personne, en face de lui, est résolument contre lui ou ses idées, elle peut difficilement recevoir le magnétisme ; un peu comme quelqu'un qui ne veut pas se laisser hypnotiser et résiste .
Il faut "ouvrir la porte", c'est à dire être prête à recevoir tout ce qu'il peut envoyer d'impalpable.
En est-il conscient ?
je ne crois pas ; ceux qui ont ce ? don ? ce pouvoir ? sont tellement au dessus de ces petits détails qu'ils ne connaissent même pas la portée de leur présence. IL avait cette particuliarité avant d'être Pape, ce n'est pas une question de titre.
Evidemment un rationnaliste cartésien athée ne rayonne jamais.
Il n'y a qu'à lire les témoignages, sur lui, et sur ceux qui lui ressemblent (dans ce domaine)
Ce récit, ne me surprend pas. C'est celui d'un récepteur bien réglé, même longueur d'onde que celles de Joseph

Je ne fais que répéter qu'il a quelque chose qui n'est pas QUE humain: il a autre chose.
Comme ces corps imputrescibles ; qu'est ce qu'ils ont pour être comme ça ?
B est habité par quelque un phénomène qui nous échappe, et que l'on ressent et décrit comme on peut .



[Modificato da beatrice.France 09/01/2006 20.55]

beatrice.France
00Wednesday, January 11, 2006 11:47 AM
Ratzigirl à la messe de l'Epiphanie, le 6 Janvier 2006
Récit palpitant de bout en bout, on s'y croirait presque...



Messe de l'Epiphanie de NS, 6 janvier 2006

6h30 du matin, Vendredi 6 Janvier 2006.

A Rome, le temps est encore un peu humide, signe de la nuit qui n'est pas encore achevée. Je regarde à travers les persiennes
entr'ouvertes. Il fait encore sombre, l'aube s'installe petit à petit. Je m'habille, toute excitée, tandis que, dans le lit voisin, ma voisine dort profondément. Je dois faire vite, car sinon je risque de faire une queue énorme... Je sors de la pièce, je descends avec précaution les escaliers, et je me hâte vers le hall de l'hotel pour prendre mon petit-déjeuner.

[....](NDT: ici Ratzigirl donne les coordonnées de l'Hôtel où elle est descendue, il s'agit de l'Hotel Corona, à rome, et ce doit être une bonne adresse, à retenir)

Un petit-déjeuner express (une tranche de pain grillée sans rien dessus, et une goutte de café), et je fonce dehors.
D'émotion, je me trompe de chemin. Au lieu de me diriger vers la Place Esedre, où se trouve le métro, je vais vers la Banque d'Italie (je suis vraiment endormie!).
Je descends dans le métro, et peu après arrive la rame qui m'apparaît comme le train des rêves.... couvert d'or et illuminé (en réalité, il était tout poussiéreux, mais pour moi, il était vraiment doré, ce matin-là!!!)
Je monte dans la rame, et heureusement, il n'y avait pas la cohue, je craignais de trouver des figures louches, mais non... à cette heure-là, il n'y a que des gens très tranquilles.!

Six arrêts, ... ... Repubblica...Barberini....Spagna...Flaminio....Lepanto....Ottaviano San Pietro!
Je descends.... et là je sens l'angoisse se peindre sur mon visage, ...une file interminable de gens se dirigent tous vers Saint-Pierre. Je me mets à courir comme une folle, vers les colonnades, là, au fond, et je vois sur la barrière une soeur qui court devant moi, ... je la dépasse, j'entre Place de la Cité Léonine, je lance un baiser fugace à l'ancienne habitation de Ratzi, et je passe la Porte qui mène aux colonnades du Bernin. Il y a là une file interminable de gens qui attendent d'entrer. Je suis prise de découragement, comment aurais-je pu imaginer une telle foule à Saint-Pierre à 7h du matin?

Tandis que je regarde la foule, tout espoir évanoui, voilà qu'un policier ouvre le portail encore fermé, à côté de moi. Je ne réfléchis pas une seconde, dès qu'il a ouvert, je me précipite à l'intérieur, et je me trouve ainsi parmi les 15-20 premières personnes à rentrer à Saint-Pierre.
Puis, comme chacun sait, commence le parcours le long des serpentins, on court comme des fous tout en craignant de perdre la meilleure place, ce sont quelques centaines de mètres interminables qui semblent durer une éternité, et puis on arrive au "check-point" (poste de contrôle) , et il faut de nouveau courir jusqu'à la Basilique qui attend, complètement vide, là, je montre mon billet, et je rentre à l'intérieur.

Là, je ne peux plus courir, bien que certains le fassent... eh, nous sommes dans une église, le respect des lieux passe avant tout. Quoi qu'il en soit, je presse le pas, et je réussis à me placer parmi les 10 premières rangées, à côté de la barre en bois.
Je l'ai fait!!!!
A présent, il ne reste plus qu'à attendre deux heures. A mes côtés prennent aussitôt place des religieuses, et à ma gauche, un monsieur avec un gilet rouge, qui vient sûrement de la terre natale du Pape, étant donné qu'il essaie de déployer un drapeau bavarois, mais un gentilhomme de Sa Sainteté s'approche et lui dit "on ne peut rien déployer dans la basilique"... le monsieur paraît accablé. Il a une longue barbe blanche touffue, et, autour du cou, il porte une croix de bois. Il se tourne vers son voisin, et lui dit dans un italien approximatif "Je lui avais apporté ça, pour lui faire sentir qu'il y en a qui l'aiment, chez nous, même si lui est à Rome" (NDT: transcrit par Ratzigirl avec l'accent allemand, celui qu'on prête à "Ratzi", irrésistible!!!)
Un jeune qui se trouve à côté de lui lui dit " Quand il passera, vous lui montrerez, attendez jusque là, après, plus personne ne dira rien, à présent, ils font attention, mais après, ils auront d'autres choses à penser".
Le monsieur semble apprécier le conseil, et un sourire réapparaît sur son visage.
Un peu plus loin, plus près de l'autel, on entend des cris d'enfants qui remplissent le silence de la Basilique. Ce sont les mamans qui ont emmené leurs petits enfants dans cette aventure.
Une dame à côté de moi me dit en dialecte romain "Mais que fais-tu ici?" . Et là commence un dialogue intense dans un dialecte que je croyais avoir oublié(j'aime le romain, mais d'avoir été éloignée un temps me l'a fait un peu oublié).
La dame qui me parle me dit "Je suis de Monte Mario, pour l'écouter, je suis venue aux vêpres, il fait toujours des homélies très belles, même avant qu'il soit pape, il me plaisait.... j'aime l'écouter parce qu'il explique avec ses mots à lui.... comme il est bien ce Pape, et quels beaux discours il fait"
[...]
(NDT: le dialogue est transcrit en dialecte romain, je ne traduis pas davantage, car j'ai peur de commettre des contre-sens)

9h

Commencent à défiler un par un, les différents prélats, au fond de la Basilique, je vois (et je prends en photo) Arturo Marini, le photographe officiel du Pape. Avec lui, il y a Piero Marini, le cérémoniaire (responsable de la liturgie) pontifical.(je ne pense pas qu'ils aient un lien de parenté)

A l'improviste, voici qu'apparaissent les premiers cardinaux: je vois passer Somalo, et peu après Castrillon (celui qui a fait le discours de présentation du Compendium), je le salue, tandis qu'il passe à côté de moi, et je lui murmure "Merci pour le choix du Conclave!", Castrillon sourit, fait un signe de la tête, et se dirige vers l'autel. Cela m'a semblé un devoir de remercier ceux qui, illuminés par le Saint-Esprit, ont fait le juste choix.

9h20

Arrivent les choeurs de petits chanteurs, les séminaristes, et enfin, les hauts-prélats, tous ensemble, en une longue procession interminable et suggestive.

9h25

La croix pastorale fait son apparition, dans l'air se répand un léger parfum d'encens, et on entend un grondement au fond de la basilique. De loin, je LE vois, si doux, blanc, si tendre, comme à l'accoutumée!
Il bénit chacun, se tourne à droite, à gauche, saluant comme il peut. Par moment, il s'arrête pour saluer des petits enfants qui ont cessé de pleurer en se trouvant emportés par la foule environnante.
Je le regarde avec admiration. Je voulais apporter des bonbons, mais on me les a confisqués au poste de contrôle, disant qu'on ne pouvait introduire de nourriture à l'intérieur. Je leur ai dit que c'était pour le Pape, mais ils n'ont rien voulu entendre (ehhh, effectivement, moi aussi je les aurais volontiers manger, je n'avais rien pris depuis 7h30, et je commençais à avoir faim...)
Pendant ce temps, Ratzi avance, vêtu d'or, la croix Pastorale en main.



Il est à quelques centimètres de moi, peut-être moins d'un mètre, et je l'appelle "Sainteté!!". Je me souviens que j'avais un visage radieux, j'applaudissais, et j'allongeais la main pour le toucher, et tandis qu'il passait, son regard a croisé le mien pendant un instant très long, quelque chose comme 5 ou 6 secondes... à ce moment, je crois que je n'allongeais même plus la main, je me rappelle seulement l'avoir regardé longuement dans les yeux, avoir vu un sourire, je me souviens de la limpidité de son regard, et puis, comme ça m'était déjà arrivé à l'audience, d'avoir complètement oublié le monde environnant...

9h30

Une messe, à vrai dire, merveilleuse. J'ai conservé le livret qu'ils distribuent à l'entrée, pour pouvoir suivre les paroles du Pape et la liturgie: magnifique!
C'est une satisfaction immense de pouvoir réciter le Pater en latin, de pouvoir chanter en latin les chants d'accompagnement.... il n'y a pas à dire, une messe à Saint-Pierre est une étape obligatoire que je conseille à tous!!!

L'homélie, centrée sur le thème 'se faire à son tour Roi-Mage en communion avec l'esprit d'évangélisation' était vraiment quelque chose de touchant.
Je reçois la communion des mains d'un diacre. L'atmosphère , à Saint-Pierre, devient franchement mystique à ce moment, sans parler de l'instant où le Pape donne la bénédiction finale, et où l'on peut admirer la tribune du Bernin qui se déploie au-dessus de la tête du nouveau Pierre, où l'on voit comme l'inscription "Tu es Petrus", est placée de manière à être vue par tous ceux qui entrent... Instants suggestifs, émouvants, et vraiment inoubliables.

11h10

La messe est finie, Ratzi se dirige à nouveau vers les fidèles.

Il passe d'abord du côté droit, et embrasse une petite fille , au début de la rampe de bois, là où je me trouve. A ce moment, je me penche, et prends une photo.
Ratzi se dirige vers l'allée centrale. Le monsieur à côté de moi, déploie le drapeau bavarois qu'il a amené avec lui, Ratzi le voit, lui fait un signe de la main, puis il nous voit -je ne sais qui d'entre nous exactement- et je le vois qui s'avance vers nous.
Il s'approche de plus en plus... Le coeur me bat si fort que je n'entends pas le bruit. Autour de nous, il n'y a plus de bruit, seulement le 'Tu-Tum Tu–Tum' toujours plus rapide du coeur, je réussis seulement à prononcer "Merci!!!!", en cet instant, mes doigts entrent en contact avec quelque chose de lisse et de moëlleux, que je suppose être le vêtement papal. Je suis au comble du bonheur, j'ai réussi à toucher Ratzi!!!!!!!!!!!!
Bhè, j'ai attrapé en même temps une belle toux d'avoir tellement crié, mais ça en valait la peine!!!
Lui se tourne, et dit à chacun "Merci, tous mes voeux!", puis il se remet en route. Je le vois s'éloigner lentement, tandis qu'il s'arrête ici et là afin d'embrasser des enfants et de serrer des mains qui le cherchent pour réaliser un rêve...

Je sors de la Basilique, tandis que les paroles "O Roi du ciel, tu es descendu des étoiles.........." me résonnent encore dans la tête.

Dehors, c'est une magnifique journée de soleil, des mouettes, des pigeons, des colombes sillonnent la Place Saint-Pierre.
J'arrête une dame: "Je m'excuse, lui dis-je, y-a-t'il l'Angelus?" - à dire vrai, je croyais qu'il n'aurait pas lieu, étant donné que Telepace n'en disait rien, mais moi, ça me convient parfaitement, et même, c'est mieux ainsi. Je prends place à nouveau, et me dispose à attendre, pendant la demi-heure nécessaire pour le voir sortir. A côté de moi, il y a des religieuses mexicaines de l'ordre des Filles de la Croix, qui parlent avec une de leurs compatriotes. Puis, elles se mettent à parler de Papa Benedetto, et je ne peux m'empêcher d'écouter. "Nous aimons le Pape, nous sommes venues ici depuis Mexico pour le voir.... nous voulions rentrer à Saint-Pierre ce matin pour pouvoir lui dire combien d'amour dans le coeur nous avions pour lui, mais nous ne sommes pas parvenues à entrer...". La chose me réconforte..;, je me mets à repenser à ce qui se passe ici, et je trouve réconfortant que d'autres que moi ne trouvent rien d'étrange à crier surla Place qu'ils aiment le Pape.

A midi, Benedetto apparaît à la fenêtre du Palais Apostolique, et moi et les soeurs nous dressons sur les chaises à côté de nous, et accueillons ses paroles dans un silence religieux. Nous récitons religieusement l'Angelus avec le Pape, et quand il nomme les pélerins de langue espagnole, les soeurs crient de toutes leurs force et chantent 'Benedico tu es bonito!!!'. (moi, j'écarquille les yeux!!!).
Au salut en italien, la place explose en un grondement énorme et hallucinant, accompagné par le son de la fanfare de la crèche vivante. Une chorégraphie superbe!
Ratzi nous salue, nous donnant sa bénédiction, et avant qu'il ne disparaisse derrière les rideaux blancs, j'envoie un invisible baiser volant dans sa direction, me promettant de revenir à Rome le plus vite possible, car sans Ratzi, on ne peut pas vivre!!!!!!!

Une seule contrariété: j'étais avec des gens qui n'aiment pas Ratzi, ou à qui il est indifférent... et à cause de cela, j'ai dû contenir mes émotions jusqu'à cet instant, pour pouvoir vous raconter tout!!
Ratzi a raison: une grande joie, on ne peut la garder pour soi, il faut la communiquer... mais si les autres ne veulent pas vous entendre, comment faire?
Ne pas pouvoir parler de Ratzi pendant 4 jours, je crois que c'est la pire des tortures...

Un baiser à toutes, et à bientôt!





[Modificato da beatrice.France 11/01/2006 16.37]

beatrice.France
00Friday, January 13, 2006 8:29 AM
"Buona notte Benedetto" (du forum italien)
Je m'associe de tout mon coeur à la prière de Vallifra (qui a tort de parler de pécheresse impardonnable, car, à supposer qu'il en existe, ce dont je doute, il est clair qu'elle n'en fait pas partie):


Benoît, espérance divine

mio dolcissimo e sempre più adorato benedetto ,
J'ai lu aujourd'hui tes discours en défense de la vie et de la famille.
Je me demande encore , depuis ce fameux 8 avril 2005, le jour où tu es devenu partie intégrante de ma vie, comment tu peux trouver des mots si incisifs, si bouleversants, si convaicants, pour parler aux gens de ce qui fait "l'ossature" de la vie. Tes paroles sont réellement une "fission nucléaire", elles bouversent, elles perturbent, elles forcent même le dernier des laïques à prendre conscience qu'il ne peut ignorer Dieu, ou nier son existence (mais est-ce encore possible?)
Benedetto, je t'aime d'un amour absolu, d'une pureté impossible à surpasser, et dont je suis sûre qu'il est partagé par des millions de gens.
Tous, nous avons été séduits par ta puissance intellectuelle, ton incroyable génie, ta capacité à aimer et à t'exprimer. Dieu t'a choyé, te parant de tous les dons, nous, nous t'admirons, et notre admiration devient, presque insensiblement, la prise de conscience d'un dessein divin, d'une aspiration à l'infini.
Si jamais la prière d'une impardonnable pécheresse peut avoir un minimum de valeur, je te prie, Mon Dieu, de protéger le meilleur de tes fils, celui que tu as choisi comme ton représentant sur la terre, afin qu'il puisse vivre longtemps, qu'il puisse longtemps nous illuminer de son génie, de sa parole, nous n'attendons rien d'autre, seulement Toi à travers Lui.
Buonanotte Benedetto, mon espérance, mon amour, ma joie.


[Modificato da beatrice.France 13/01/2006 21.24]

sylvie.france
00Sunday, January 22, 2006 2:08 AM
BENOIT XVI ET L'EGLISE VIVANTE
Aucun commentaire ; on lit, on savoure ....
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Article paru dans France Catholique n°2974 - 29 avril 2005
www.france-catholique.fr/archi/articles/article2005ben6.html





BENOIT XVI ET L'EGLISE VIVANTE

par Gérard LECLERC

Ces jours intenses que nous venons de vivre, il nous faut déjà les méditer, en les retenant dans nos mémoires comme autant de ces mirabilia de l’Ecriture.
Et tout d’abord, l’élection du cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI.

Il faut le dire avec conviction : cet événement, qui défie toutes les lois de la sagesse selon le monde, témoigne de l’audace surprenante de l’Eglise, celle dont le collège cardinalice a fait preuve en portant au siège de Pierre celui que, sans aucun paradoxe, on pourrait appeler le frère de Jean-Paul II.
Le compagnon fidèle de tout son pontificat, le conseiller indispensable de toutes les semaines, l’homme de foi et de culture qui apportait au Saint-Père l’éclairage de son exceptionnelle intelligence.
Notons - non seulement pour l’anecdote - que le pape et le cardinal se parlaient dans la langue de Gœthe que Jean-Paul II maniait avec une particulière aisance, parce qu’il avait beaucoup puisé dans la pensée telle qu’elle s’est déployée dans l’Allemagne contemporaine. C’est dire à quel point la connivence entre ces deux personnalités était profonde.
Il y a donc lieu de parler de la continuité entre Jean-Paul II et Benoît XVI.

Mais il faut aller plus loin.

On sait quelle réputation on a fait au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’accusant de tous les maux, stigmatisant son prétendu conservatisme borné ou sa “fermeture au monde présent”.

L’élection a d’ailleurs suscité une campagne de presse dont on ne sait s’il faut distinguer la bassesse ou l’ignorance.

Certains médias ne lésinent pas sur les moyens les plus indignes.

Le cardinal Lustiger a pu parler à ce propos d’ignominie. Passons sur ce ruisseau de boue qui, espérons-le, fera vite honte à ceux qui ont voulu salir ou déverser leur ressentiment.

Il est plus intéressant d’examiner le dossier des opposants, disons idéologiques, car il permet de mieux comprendre la stature intellectuelle de l’intéressé.

Joseph Ratzinger est d’abord un théologien.

De métier, selon l’expression consacrée, mais surtout d’inclination dans la tradition des Pères et des Docteurs. Sa réputation date du concile Vatican II, où, secrétaire du cardinal Frings, archevêque de Cologne, et expert de commissions, il rédigea des interventions souvent décisives pour la réflexion des évêques.
A l’époque, on le considère comme “progressiste”, ce qui est commode et simpliste, mais surtout réducteur et au fond déjà inadéquat.
Car la démarche du théologien est fondée non sur une adhésion éphémère à une mode intellectuelle, mais sur une étude de longue haleine de la Tradition et des génies du christianisme, tels Augustin et Bonaventure.

Il est vrai que déjà l’abbé Joseph Ratzinger entretient une relation étroite avec les courants de pensée contemporains. Il n’est pas né pour rien dans le pays qui a donné, pour le meilleur et pour le pire, les impulsions de l’esprit mondain à l’Histoire, de Kant à Heidegger, en passant par Hegel et Marx.

Il établit donc un rapport permanent entre l’intelligence de la foi et le devenir conflictuel des idées et des événements. L’expérience du totalitarisme le garde de tout optimisme inconsidéré.
Sans doute reconnaîtra-t-il plus tard que le déroulement de Vatican II n’a pas échappé à l’euphorie des années Kennedy. Mais ce sont précisément les traces optimistes de la période qui se révèlent les plus superficielles.

L’expérience de la crise des années soixante devait provoquer une sorte de mûrissement qui n’était nullement un désaveu de lui-même, mais constituait une incitation à mieux comprendre son temps.
Le concile, pense Joseph Ratzinger, est une épreuve de vérité pour l’Eglise, notamment dans son rapport au monde, qui exige le renoncement à tout optimisme mondain.

Volontiers, je retiendrai de lui cette citation qui fait tout comprendre de sa propre détermination :

“Ce qui est décisif, c’est qu’il y a des hommes - les saints - qui par un engagement de leur personne, que nul ne peut leur imposer, créent quelque chose de vivant et de neuf. La décision définitive, en ce qui concerne la valeur historique de Vatican II, dépend de l’existence d’hommes qui réussiront eux-mêmes le drame de la séparation du bon grain et de l’ivraie, et donneront, par là, cette clarté de sens qu’on ne saurait tirer de la lettre seule.”
Oui, Joseph Ratzinger a mûri aussi dans les années soixante-dix, celles où il va passer du professorat à l’exercice de l’autorité épiscopale.
Mais ce n’est nullement pour se réfugier dans on ne sait quel bastion conservateur.
Bien au contraire, son ouverture à l’actualité est d’autant plus évidente qu’il a une conscience aiguë de l’histoire qui se fait. (1)

Si l’on en voulait une preuve, il suffit de se rapporter au débat mémorable qui eut lieu à Munich le 19 janvier 2004, à l’académie catholique de Bavière entre le cardinal et le philosophe Jürgen Habermas.
Habermas est une figure majeure de l’Allemagne post-totalitaire, le philosophe du patriotisme constitutionnel et de l’agir communicationnel, particulièrement attentif à l’avènement d’une démocratie fondée sur la raison.
Or, le cardinal Ratzinger ne refuse nullement la rationalité rigoureuse de son interlocuteur.
Et il précise :
“Je parlerais volontiers d’une corrélation entre raison et foi, raison et religion, appelées à une purification et une régénération mutuelle ; elles ont besoin l’une de l’autre et doivent mutuellement se reconnaître."

Par ailleurs, le Cardinal se montre extrêmement soucieux de la sollicitation d’un monde aux cultures plurielles, à l’intérieur duquel la raison occidentale n’est pas forcément reçue et comprise. Contrairement, donc, aux présupposés des adversaires de son texte Dominus Jesus, il est plus que quiconque attentif – mais avec discernement - au dialogue des civilisations, où les Occidentaux doivent abandonner toute hubris désastreuse.

En d’autres termes, pour Joseph Ratzinger, les jeux de la mondialisation ne sont pas faits. Et il importe autant à la raison occidentale qu’à la foi chrétienne de "consentir à une écoute, à une forme de corrélation polyphonique où elles s’ouvriront elles-mêmes à la complémentarité essentielle entre raison et foi ; ainsi pourra naître un processus universel de purification où, en fin de compte, les valeurs et les normes, connues ou intuitionnées, d’une manière ou d’une autre, par tous les hommes, gagneront une nouvelle forme de rayonnement ; ce qui maintient ensemble le monde retrouvera de la sorte une vigueur nouvelle". (2)

Il est intéressant de constater l’accord de Jürgen Habermas à de tels propos qui, par ailleurs, soulignent l’inanité des polémiques actuelles.
La fidélité profonde, essentielle, du pape Benoît XVI au christianisme est à la mesure d’une intelligence de la foi qui fut celle de la grande génération des génies de la théologie du XXe siècle.
Mais cette fidélité vit au rythme d’une Histoire, tragique et heureuse en même temps, dont le Pape est un des analystes les plus avertis et les plus aigus de notre époque.

Voilà qui nous contraint de répondre à tous ceux qui lui réclament de reconnaître et de comprendre son temps

Désolé, Messieurs, mais le vrai moderne, c’est lui !Il est extrêmement rare, en effet, dans le monde présent de rencontrer un homme d’une telle stature intellectuelle, spirituelle.

Et si les cardinaux l’ont choisi, en dépit de tous les obstacles – son âge, l’hostilité d’une partie des médias, le ressentiment de quelques ecclésiastiques butés dans leur incompréhension… - c’est à cause d’une sorte de nécessité impérative.

Oui, le cardinal Ratzinger s’imposait à l’heure cruciale et terrible du choix.

L’étonnante rapidité du conclave, l’unanimité morale des cardinaux n’ont pas d’autre explication.
L’ami de Jean-Paul II était son successeur désigné par une sorte d’évidence contre laquelle toutes les objections tombaient, tous les pronostics des spécialistes sur l’affrontement de deux tendances se dissolvaient comme neige au soleil.

Depuis son apparition au balcon de Saint-Pierre, Benoît XVI s’est déjà affirmé comme héritier mais aussi acteur positif et inventeur d’une Eglise dont il a dit qu’elle était, d’abord, vivante.
Le programme de Vatican II, il l’a évidemment repris à son compte, non pas selon un schématisme creux et d’ailleurs vieilli, mais dans une perspective dynamique, que l’on pourrait qualifier de dialectique, car elle surmonte optimisme et pessimisme dans une vue réaliste et prophétique de l’Histoire.

Mais comment ne pas laisser à Benoît XVI le dernier mot, celui qui concluait sa magnifique homélie de dimanche ?

"Ainsi, aujourd'hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ !
Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple.
Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie.
Amen."


Gérard LECLERC


(1) Appendice du cardinal Joseph Ratzinger, Les principes de la théologie catholique, Esquisse et matériaux, Téqui.
(2) Les textes de Jürgen Habermas et du cardinal Joseph Ratzinger ont été traduits et publiés dans la livraison de juillet 2004 de la revue Esprit.

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[Modificato da sylvie.france 22/01/2006 2.15]

beatrice.France
00Tuesday, January 24, 2006 4:04 PM
La soeur de Josephine, Papa_ya61, a écrit un "conte de Noël", à partir d'une anecdote racontée par Georg. C'est un petit bijou de fraîcheur et de délicatesse. L'ambience magique de la nuit de Noël à Marktl, les souvenirs nostalgiques de l'enfant devenu Pape plus de trois-quarts de siècle plus tard, tout est suggéré avec grâce et finesse.
Merci à Paparatzifan d'avoir publié cet adorable récit ICI


Le Noël de "Pepperlin"

Son petit nez pressé contre la vitre gelée, les joues rosies par l'émotion, le petit garçon au tendre regard bleu contemplait l'ours en peluche, le soufle suspendu, les coudes appuyés à la devanture.
Son frère Georg, un peu plus grand que lui, le tirait par un pan de son manteau, en lui disant: "Allons-y, à présent,¨Pepperlin, rentrons à la maison! Le repas va être prêt.!"
Leur maison se trouvait juste en face du magasin de jouets, où le petit ours était exposé depuis plusieurs jours avec quelques autres jouets, et différentes babioles.

Le pelage rugueux couleur miel et les petits yeux sombres envoyaient des signes amicaux au petit Joseph depuis qu'il était mystérieusement apparu dans un angle de la vitrine, en même temps qu'une petite pancarte que l'enfant, eu égard à son âge si tendre d'à peine deux ans, ne pouvait pas encore lire.

Aucun des autres jouets exposés n'avait attiré son attention. Quant à Georg, avec un plaisir enfantin, il avait remarqué la peluche, mais le bambin très subtil qu'il était avait senti qu'elle était entrée dans le coeur de son frère au point d'être déjà "à lui".

Les routes, les maisons, les arbres de ce coin de Bavière étaient déjà depuis longtemps recouverts de neige.
A certains endroits, la route qui menait de leur maison au magasin de jouets était gelée. Tous les jours, les deux petits frères, se tenant solidement parla main, allaient rendre visite à l'ours en peluche, et, défiant audacieusement les rafales de vent chargées de neige gelée, restaient immobiles, silencieux, regardant à la dérobée à travers la vitre.

La vendeuse les avait remarqué, et un soir, s'encadrant dans la porte du magasin, elle leur avait fait signe d'entrer, et avaient échangé avec eux quelques propos amusés. A présent, les deux enfants avaient un motif supplémentaire pour être contents. Ils savaient que l'ourson avait aussi un nom: Teddy!
Et c'est ainsi qu'entre Teddy et Pepperlin était né un dialogue doux et silencieux.

C'était l'avant-veille de Noël, et le petit village de Marktl était tout entier décoré pour la fête. La soirée était calme, constellée d'étoiles. Georg et Pepperlin sortirent par le portail, et, comme à l'accoutumée, leur mère les suivit du regard pendant un long moment. Mais cette fois-ci, ses yeux étaient plus tendres que d'habitude, et, en particulier, elle s'arrêta à regarder avec fierté le plus grand de ses fils. Clignant imperceptiblement ses yeux vifs, il la salua d'un sourire.

Les deux frères traversèrent le jardin devant la maison, l'emplissant de leurs rires enfantins, se jetant de menues brindilles et petits cailloux imprégnés de neige qu'ils avaient ramassés dans l'allée, et parvinrent une fois de plus devant le magasin.
Mais... Teddy avait disparu!
Pepperlin jeta un cri, et sans se soucier de son frère qui lui répétait de ne pas pleurer parce que l'ourson reviendrait sûrement, il se jeta par terre, frappant ses petits poings avec rage.
Puis il éclata en pleurs qui se prolongèrent jusqu'à la maison, où Georg dut le traîner comme un petit chien attaché à la chaîne d'un chagrin intolérable.
Cette nuit-là, dans son petit lit, l'enfant resta pendant des heures les yeux ouverts à fixer les objets dans la pièce immergée dans une pénombre menaçante, jusqu'à ce que le sommeil vienne calmer son angoisse et lui restitue dans ses rêves le bien-aimé Teddy.

Assis à table avec la famille, et les voisins qui étaient venus festoyer avec eux, Pepperlin, de temps en temps, baissait mélancoliquement les yeux en repensant au petit ours qu'il imaginait heureux au milieu de plein d'autres petits ours pareils à lui, peut-être à côté d'un sapin de Noël semblable à celui qu'il avait devant lui.
De temps en temps, il jetait un regard furtif vers les paquets au pied de l'arbre, il les examinait tous avec curiosité, jusqu'à ce qu'il rencontre le regard sévère d'un adulte. Alors il retournait dans les bras de Maria, sa soeur, qui avait huit ans.
La cloche sonna minuit.
Au douzième coup, après la récitation des prières, les enfants bondirent sur leurs pieds. Il y eut une grande agitation: souhaits, baisers, cartes colorées volaient...
Pepperlin entendit à peine son frère réciter une comptine suivie d'un tonnerre d'applaudissements, car il était subjugué par un gros paquet qui l'avait intrigué toute la soirée. Ses parents s'en étaient aperçus, amusés, et l'encouragèrent à le prendre. L'enfant s'en saisit, le tourna et retourna maladoitement à plusieurs reprises, en déchira violemment l'emballage, jusqu'à ce qu'il en sortît une boîte en carton. Il tira le couvercle, le déchirant, et sous les ovations, le coeur dans la bouche, il finit par en extraire le contenu: Teddy!

------------------------

C'est la veille de Noël 2005.
Assis avec de hauts prélats autour d'une table élégamment dressée, pour consommer un repas frugal avant de célébrer la Messe de Minuit solennelle, Papa Benedetto ferme à demi ses yeux célestes, revivant en pensée ce Noël si lointain.
La nostalgie de cette ambience intime et festive l'envahit. Mais seulement l'espace d'un instant: à présent, sa famille , c'est le monde entier, ses frères, ce sont tous les hommes!
Et Teddy? Qu'est-il devenu? Cette lontaine nuit de Noël, il était resté assis tout seul pendant des heures, au milieu du salon. Aujourd'hui, il se sera envolé au Paradis des Ours!
Parce que, c'est connu: pour chaque enfant, il existe un ours en peluche, et pour chaque ours, il y a une place au Paradis.
Et cela aussi, c'est connu: les papes aussi ont été des enfants



[Modificato da beatrice.France 24/01/2006 21.40]

beatrice.France
00Tuesday, January 24, 2006 6:03 PM
L'audience de Sihaya (4 Janvier 2006)
Sihaya a bien voulu m'envoyer le récit de l'audience à laquelle elle a eu le bonheur de participer le 4 janvier à la Basilique Saint-Pierre. Elle avait déjà évoqué (plus haut dans cette page) le thème de "La beauté de Benoît", qu'elle reprend et développe ici de façon extraordinairement convaincante.



Je me lève tôt, récite mes prières, et je me mets à la fenêtre pour regarder le Palais Apostolique: les fenêtre de la chambre du Saint-Père sont éclairées...
Moi et les autres "consorelle", nous nous habillons lentement, il nous arrive d'oublier des choses, en pensée, nous sommes déjà au Vatican!
Superbes, rayonnantes, souriantes, avec les orchidées de Debora, nous prenons un rapide cappucino, emballons les viennoiseries, et nous nous dirigeons vers la Salle Paul VI. Nous ignorons où se trouve la Salle Paul VI, mais il suffit de suivre le fleuve humain: il est 8h20, et la foule est déjà immense, une file compacte et massive.
Accidents! Nous bousculons sans pitié, nous nous infiltrons dans les groupes, nous nous faufilons dans les espaces vides, nous nous perdons, nous nous retrouvons, la tachycardie est forte...voici le détecteur de métaux, et après l'avoir traversé, NOUS NOUS TROUVONS DEVANT L'ENTREE DU PALAIS DE LA CONGREGATION!!!
Un garde suisse voit nos billets, et nous dévie vers la Basilique: nous voudrions aller Salle Paul VI, mais on nous bloque, et nous nous sentons un peu déçues... Puis, une pensée nous illumine: laissons faire le Seigneur, Lui sait où nous guider.

A la Basilique, nous prenons place dans la nef centrale: les sièges le long des barrières sont tous occupés.
Puis Miki commence à explorer: elle repère un petit "couloir" qui promet, et nous invite à nous installer là, à gauche de l'autel, au fond, sous la statue de Saint-André, place d'ordinaire réservée aux autorités écclésiastiques durant les célébrations. Nous sommes au 4ème rang, à côté d'un groupe de coréens exubérants. Chrétiens? Nous ne savons pas. Tout doucement, la foule afflue, mais notre place est calme.

Nous décidons d'écrire un billet pour le Saint-Père: c'est moi qui l'écris, et ma main tremble. La phrase choisie, après d'interminables réflexions, est "Bien-aimé Saint-Père, dans Votre Beauté, Vous êtes un Don de Dieu qui illumine chaque jour notre Foi".

Il est 10h25. Des hauts-parleurs reliés à la salle Paul VI, on entend les cris d'enhousiasme incontrôlables de la foule, et un chant: "Oh mamma, mamma, mamma/ sais-tu pourquoi mon coeur bat? (mi batte il corazon) / J'ai vu Benoît, j'ai vu Benoît/Oh mamma, je suis amoureuse".
Incroyable!!!D'un coup, la Basilique entière se met debout, et d'un même mouvement, se retourne! Qu'est-ce qui se passe?? Fausse alerte! Lui est dans la salle Paul VI!!
L'audience commence, nous l'écoutons "par radio": nous participons au mieux avec les gens de la Salle, mais, je le confesse, les distractions sont fréquentes, au fur et à mesure qu'on s'approche de la fin de l'audience.

L'attente est douloureuse, irrésistible, l'émotion... au firmament, l'adrénaline fait des cercles, le coeur bat comme un fou...


Les gardes suisses s'approchent de l'autel: IL va arriver.
A un moment, la foule explose à notre gauche! Flash, grands gestes des bras, cris, mais la foule est tellement dense que le Saint-Père est invisible jusqu'au bout de l'allée.
Désiré, et attendu, comme le soleil qui, à l'aube, pointe à l'horizon, Benoît apparaît comme un point de lumière blanche, éblouissante, qui se dirige vers son siège, souriant et ouvrant les bras comme pour nous etreindre tous, accompagné par le fidèle Cioccio qui me lance un regard inquisiteur quand je crie "Sei bellissimo", au Pape, évidemment!! ?
Cette seconde audience se limite aux salutations et à la bénédiction, qui nous innonde d'émotion.
Ce sont des sensations très intenses, jamais éprouvées, des sensations qui puisent à fond dans les ressources du corps et du psychisme.
C'est un instant très bref: nous nous précipitons vers les barrières quand nous le voyons se diriger vers les pélerins devant nous pour les saluer. Je me retrouve contre un monsieur robuste et chauve, et mon bras se tend comme celui du super-héro de "I fantastici Quattro".
Nous le regardons parler avec les malades, faire le tour de l'autel, saluer les pélerins qui l'ont suivi, s'approcher de notre zone.
Si, le voilà, il s'approche de nous. Sa silhouette est menue et proportionnée, mais elle s'isole par sa majesté mystique et sainte.
Je le regarde, abasourdie, il est toujous plus proche. Il a rejoint Mikki! Il prend les fleurs! Nos orchidées... il est devant moi, il est à un pas de moi...
Lumière! Lumière qui irradie, venant de lui, son aura est extraordinairement puissante...
"Santità!!!", lui crié-je, en transes quand il est tout près de moi, quand je vois son visage illuminé par une forte source de lumière, éblouissante, ses yeux azurs si clairs, transparents, qui lisent jusqu'au fond de toi, dans lesquels ta conscience est subjuguée comme dans un vertige d'extase, son sourire est radieux, sa carnation irisée, j'ose dire luminescente, translucide, son être physique est transcendé... et c'est le miracle: je prends sa main au vol, nos mains se serrent, , sa main enveloppe la mienne, elle est chaude, accueillante, très douce, sèche... il glisse vers d'autres gens, mais j'ai le temps d'effleurer son poignet droit... je le vois s'éloigner parmi les gens... j'ai quelques instants de "flottement" de la conscience.
Puis ce sont des moments de transe: je m'approche de Miki et Debora, nous nous embrassons... Nous nous sentons comme quelqu'un qui vient de descendre des montagnes russes... la foule s'écoule, et à nous, il reste une sensation entre la torpeur et l'agitation.



Après quelques instants (ou quelques minutes?) de répit, nous sortons de la Basilique avec le reste des gens; nous appelons les autres utilisatrices du forum!! Sara, Monica, Gloria.... impressions à chaud, sensations, émotions.
Puis commence la décompression, ou le retour sur terre de qui a volé pour la première fois dans l'espace.
Ce sont des instants déchirants à supporter, entre les sourires et les larmes, entre l'incrédulité pour la précieuse expérience vécue et l'agitation du "je veux le faire encore", comme un heroïnomane en manque après une quasi overdose.

Moi, Miki et Debora traversons la Place Saint-Pierre dans un état de stupeur. Nous ne sommes plus les mêmes, la Basilique n'est plus la même, le Palais apostolique n'est plus le même....
Sommes-nous des êtres humains? Nous avons effleuré la transcendance, mais, de l'être humain, il nous reste... la faim.!

Nous "nageons" vers la "Cantina Tirolese", comme si, à Rome, la gravité avait disparu, ou comme si nous étions dans les fonds sous-marins. Tout semble ouaté. Des scientifiques parlent d'une inversion inattendue du champ magnétique terrestre qui entraînerait un bouleversement des planètes. Voilà, c'est cela, notre "champ magnétique" s'est inversé, à côté d'une source magnétique d'une puissance inouïe.
Nous mangeons au buffet de la Cantine, parmi un grand nombre d'étrangers, parlant des instants vécus, et avec un regard rêveur... Quoi de meilleur qu'un strudel aux pommes pour conclure en douceur?

Le reste de l'après-midi s'écoule dans cette sensation de bouleversement, avec des sensations lancinantes, à la limite de la tristesse: comment est-ce possible? N'étions-nous pas contentes? N'étions-nous pas joyeuses (cioiose)? Certes! Mais l'amour est déchirant quand tu es loin de l'Aimé, quand tu le voudrais toujours à tes côtés, quand tu l'as effleuré... et déjà tes sens voudraient un autre contact.

Ayant choisi les photos et cherché nos bagages, nous nous dirigeons vers la gare... Par instants, nous parlons de choses "futiles": les chaussures, le cadeau pour la fille de ma cousine, la vendeuse désagréable... mais notre pensée est à LUI, le coeur est à LUI, nous ne sommes là que pour LUI.

Moi et les "Konzorelle", nous nous disons au revoir à la gare, émues, et conscientes qu'une amitié s'est consolidée.

Nous savons que les sensations indélébiles des moments vécus nous accompagneront, tandis que nous avons encore dans le coeur la vision de la lumière éblouissante de notre bien-aimé Pape Benoît.



[Modificato da beatrice.France 25/01/2006 11.59]

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